Brigitte Giraud vous offre cette créature qui parle latin sur les rails improbables du tramway bacalanais ; du local extensible jusqu'à l'universel, mais attention au revers de l'élastique.
Brigitte Giraud vous offre cette créature qui parle latin sur les rails improbables du tramway bacalanais ; du local extensible jusqu'à l'universel, mais attention au revers de l'élastique.
Je vous offre cette image du petit peuple des bois de Brigitte Giraud. La
communauté s'est enrichie de quelques olibrius un tantinet facétieux qui dansent la sarabande la nuit dans la maison mais pas moyen de les télécharger. Et je vous donne rendez-vous dans
quatre
jours pour de nouveaux regards boiteux
sur notre monde de guingois.
Jusqu'au 17 août vous pouvez visiter au musée d'Aquitaine la rétrospective 1987-2007 de la création photographique
d'ici et d'ailleurs. Une magnifique déambulation au coeur du noir et blanc avec aussi des épanchements colorés dans une grande diversité de regards. Des regards qui préfigurent le réel. Pour que
l'image vienne.
A la demande de Céline, je publie quelques créatures de Brigitte Giraud avec portrait de l'artiste. Brigitte Giraud
écorce le bois, chêne ou hêtre de passage, en cherche la peau qu'elle lissera puis, après en avoir apprivoisé la rotondité et les échardes, elle peint, elle colle, elle écrit des mots. Il y a,
entre les livres de Brigitte Giraud et ses bois d'évidentes correspondances. Sous la peau des mots comme sous la peau des arbres, ce qui est tu affleure, écorcé/écorché, et de grands yeux
écarquillés happent le spectateur s'il se met en état d'étonnement. 


Du jeudi 15 au dimanche 18 mai, onze galeries bordelaises et autres lieux ouvrent leurs portes à l'art contemporain
d'ici ou d'ailleurs. (Galeries Adama, Camille Dubourg, La rose des sables, Suty..., le très branché restaurant Le Sélénite...) Ce parcours de quatre jours s'achèvera par une vente aux enchères
des oeuvres des exposants sous la houlette de Maître Toledano et c'est une première à Bordeaux. 
Brigitte Giraud présente ses dernières créatures en bois à La rose des sables. Le vernissage aura lieu le jeudi 15, demain soir donc, de 19 h à 22 h. Son travail sera visible de 14 h à 19 h à
partir du vendredi. Venez nombreux car l'univers singulier de Brigitte Giraud suscite un intérêt de plus en plus soutenu.
La Rose des sables est sise au 79 rue Notre-Dame à Bordeaux dans le quartier des Chartrons. Renseignements au 0556522616.
Louise Bourgeois expose à Beaubourg jusqu'au 2 juin. Une immense rétrospective de son oeuvre de 1938
à 2007. Qu'il soit peint, dessiné, gravé, sculpté, cet oeuvre est toujours en prise avec l'inconscient et la tourbe du désir, la violence du corps et du sexe. L'image présentée, (www.telegraph.co.uk), s'intitule Seven in bed et date de 2001. Ces étreintes de tissus bourrés de charpie se décousent aux entournures. Le spectre de la
désagrégation nous rappelle à notre éphémère condition d'être en puissance d'amour. Si vous souhaitez en savoir plus sur cette créatrice quasi centenaire, consultez aussi le site www.centrepompidou.fr
Pas moyen de transférer l'image.
Jusqu'au 7 juillet, le Flamand Jan Fabre dépose ce qui le hante aux pieds de ses ancêtres Van Eyck, Rubens et autres torturés de la mort. L'exposition s'intitule "L'ange de la métamorphose". Elle commence par l'artiste qui se vide de lui-même en scrutant un tableau dont on ne sait rien. Spectacle saisissant de bout en bout. Des milliers de scarabées recouvrent des corps, des morceaux de viande ou des rotondités comme Le bousier. La corruption des chairs suspendue à son esse grouillante, prélude à la poussière. Ailleurs, des hommes recouverts de punaises aux pointes érectiles, ou, encore, des robes épousant les formes perdues de celles qui les ont portées, cousues de fragments osseux. Et puis, bien sûr, ces 450 pierres tombales disposées comme une profanation, parmi lesquelles serpente un immense vers de terre dont la tête est celle de l'artiste. "Je veux sortir ma tête du noeud coulant de l'histoire", dit-il. Mais existe-t-il une échappatoire ? Non, bien sûr ! C'est pour cela qu'on ne sort pas indemne de cette exposition. C'est pour cela que, jusqu'à son dernier souffle, l'humanité n'en finira pas de créer. De se forger des fantasmes ravageurs. Jan Fabre élève lui-même les scarabées qui en constituent le matériau. Des dizaines de milliers d'insectes sombres ou lumineux pour ne pas basculer
Jean-Pierre Darroussin, acteur merveilleux dans Dialogue avec mon jardinier, est aussi un réalisateur de premier plan. Le Pressentiment,
d'après le roman d'Emmanuel Bove, (auteur célèbre dans les années 20-30 et ressuscité naguère par les éditions du Castor
Astral), est un film sans une image ni un mot de trop, où transparaît l'amour de l'humain même dans ses bassesses.
Charles Benesteau, 47 ans et avocat, quitte son milieu grand bourgeois pour s'installer dans un quartier populaire. Il se promène à vélo, lit des romans, écrit son journal. Un voisin vient lui
demander un conseil juridique et c'est le début d'une histoire d'amitié avec une adolescente délaissée. Les locataires de l'immeuble, hélas, se mettent à imaginer des choses sales alors que tout
est beauté et tendresse dans ce lien...
Le détachement de Charles Benesteau, joué par Jean-Pierre Darroussin lui-même, est superbement montré. L'avocat poète survole le monde comme un
contemplatif, sans jamais brusquer ni les gestes ni les mots, et son action en faveur de la jeune Sabrina s'en trouve renforcée. Comme si un pressentiment, de plus en plus tenace, commençait à
rôder...
Dans les carnets de l'avocat, cette phrase, évidente : " Rien n'est plus trompeur que la bonne intention car elle peut donner l'impression d'être le bien lui-même".
Par extension de sens, nous pouvons ainsi comparer le "bon droit" et le "droit", les "bonnes raisons" et la "raison".
Toute une réflexion philosophique à conduire grâce à ce premier film qui a obtenu le prix Louis-Delluc en 2006.