Bon anniversaire, Monsieur Lévi-Strauss. Vous êtes le dernier véritable intellectuel français et votre oeuvre résistera au temps, à l'égal de celle de Freud ou de Foucault. De plus, l'humilité de votre pensée comme de votre posture touche l'individu ordinaire que je suis, contraint de voir paonner les petits bhl et autres bouffis du stylographe.
Merci à vous.
Alain Refalo, professeur dans le primaire en Haute-Garonne, vient d'écrire une longue lettre à son inspecteur. Il
déclare qu'il ne veut pas être complice du démantèlement de l'Education nationale et entre en désobéissance civique. Il milite pour une école qui a l'ambition de "transmettre tout autant un art
de faire qu'un art de vivre". Il appelle à la rescousse Philippe Meirieu lui-même entré en résistance et refuse d'appliquer les nouveaux programmes rétrogrades élaborés par le baron d'Arc de la
Xaviérie du Périgord qui se prend désormais pour Big Brother en fliquant les blogs des enseignants. Alain Refalo est un homme debout, courageux comme le furent les rares personnes qui se levèrent
en 1940 pour lutter contre l'occupant. Je lui témoigne ici toute mon admiration et vous invite à lire son courrier à l'adresse suivante :
http://masdagenais.blogsudouest.com/2008/11/16/je-refuse-dobeir/
Vous pouvez aussi taper Alain Refalo sur Google.
J'apprends sur l'excellent blog de Louise qu'Enzo, alias Henri de Fersan, est mis en examen pour avoir nié sur son blog la réalité du massacre de Tulle le 9 juin 1944 par les Allemands. Il a déjà été condamné pour des faits similaires en 2005. Dans l'actuel procès, l'avocat général requiert une peine de 4 mois d'emprisonnement ferme. Je crois qu'il y a mieux à faire que d'encabaner Enzo. La prison ne peut pas soigner les pensées malades. Une peine de substitution serait mieux appropriée. Je condamnerais volontiers Enzo à une peine d'intérêt général. Six mois dans un quartier difficile par exemple, où il aiderait à l'alphabétisation des minorités visibles, où il ferait du soutien scolaire, où il prêterait main forte à une association qui s'occupe des plus démunis. Cette mesure serait-elle efficace pour autant ? J'ai peur que non. Mais la prison, c'est certain, renforcerait la maladie du condamné. Le fascisme ne s'enferme pas, hélas !
Si vous voulez en savoir plus allez sur le blog de Louise.
http://mctproduction.over-blog.com/article-20577937-6.html
Une maîtresse me dit, après bien des années, l'émotion des rencontres avec des enfants pas comme les autres. Un jour de rentrée, un petit de sept ans se campe devant elle et lui déclare d'une voix ferme :
" J'aime deux choses dans la vie. Les vaches et les dictionnaires."
Au fil des mois, l'enfant restera fidèle à sa profession de foi. Il lira abondamment les dictionnaires, ce qu'on ne fait hélas plus guère, et s'enthousiasmera ardemment pour les bovidés.
Bien sûr, la maîtresse me l'a confirmé, l'amateur de bêtes cornues passait aux yeux de ses collègues pour un Kas. C'est vite plié de passer pour un Kas à l'école. On dit du Kas que "c'est tout un
poème et qu'il est dans son monde, rêêêêêveueueur !!!
C'est pas bon de rêver. C'est pas bon d'être singulier. Faut rentrer dans le rang et baisser la tête.
Moi, je suis comme cette maîtresse qui savait entendre le monde singulier de l'enfant. Ma mission n'est pas d'étouffer la singularité des enfants mais au contraire de la révéler. Elever les
regards et les âmes, c'est possible à tout moment, à condition de n'être pas soi-même un ver de terre. Trop d'enseignants, encore, pourtant intelligents et compétents, oublient de se mettre
debout. Je le déplore. En silence.
Barack Obama, même juché sur les épaules de Martin Luther King avec toute
la magie de son verbe et l'espoir formidable qu'il suscite parmi les minorités visibles de tous les peuples, ne décrochera pas la Lune. Il y a tant à faire aux Etats-Unis, tant de blessures à
recoudre chez les laissés-pour-compte, qu'une brigade entière d'Hercule n'y suffirait pas. A l'extérieur des frontières, le chantier n'est pas moins vaste. Les bourbiers irakien, afghan,
israélo-palestinien, libanais ne seront solubles que dans le plus grand courage et la plus grande imagination géopolitique. Ajoutons à cela le sinistre permanent qu'endure le continent africain
et il faudrait que quelques Titan viennent prêter main forte. Mais, précisément, Barack Obama, qui dit "nous" et non pas "je", saura réunir autour de lui les Hercule et les Titan pour changer
l'avenir. Une page nouvelle de l'histoire du monde s'écrit déjà. Si Barack Obama ne trébuche pas sur son chemin, s'il ne tombe pas dans les pièges que lui tendront ses nombreux ennemis, hauts
financiers ou nervis du KKK, il accomplira peut-être un grand pas pour l'humanité. Nous sommes des centaines de millions à vouloir y croire. Nous nous accrochons énergiquement à l'idée que cet
homme-là n'est décidément pas comme les autres. L'histoire, dans quatre ans déjà, esquissera un premier aperçu. En attendant, regardons la Lune chatoyer au firmament des rêves et disons à Barack
Obama : Good luck, Mister president !
Dans quarante-huit heures nous saurons si les Etats-Unis portent un noir
à la maison blanche. Car c'est bien de négritude qu'il s'agit et de rien d'autre. Barack Obama est intelligent. Barack Obama a fait une brillante campagne dans son pays et réuni deux cent mille
personnes à Berlin. C'est vrai. Mais on n'en aurait pas fait autant cas s'il était un visage pâle. Et puis il y a ces menaces de mort qui pèsent sur lui et sa famille. J'ai entendu un Américain
déclarer sans barguigner que les noirs ne sont pas des hommes, qu'ils n'ont pas d'âme. Voltaire aussi pensait cela mais c'était au dix-huitième siècle. Bref ! Elu ou non, Obama est déjà un héros
de notre nouveau siècle. La question est de savoir ce qu'il pourra faire. Le chantier est si vaste en Amérique. S'il parvient à doter son pays d'un système de santé convenable pour tous, ce sera
déjà beaucoup.
Au fait ! question subsidiaire : les Français seraient-ils prêts à voter pour un black aux prochaines présidentielles ? Harlem Désir, par exemple ! Vous voyez ça de là ? Le chien que ça aurait
sur les ondes ? Le Président Désir vous parle. Mais la France populaire n'a rien à envier à l'Amérique populaire. La beaufitude ne connaît pas les frontières. Enfin, on verra bien mercredi matin.
God bless you, Barack !
image de pac-romandie.com

Dans l'étrange crise financière que nous traversons, qui voit pleuvoir comme giboulées les centaines de milliards de dollars au service de systèmes bancaires corrompus jusqu'à l'os, la FAO, ( Food and Agriculture Organization), rappelle que trente de ces milliards permettraient d'enrayer les famines qui achèvent lentement notre planète. J'imagine qu'avec seulement le double, on pourrait remettre durablement des peuples en état de vivre. Comme d'habitude hélas, ce message n'est guère entendu. Je n'ai rien contre le plan Paulson. Je n'ai rien contre le cautionnement à hauteur de 360 milliards d'euros des banques françaises par l'Etat. Mais je le répète. Les inégalités de plus en plus insoutenables partout dans le monde constituent à moyen terme une menace contre les civilisations. José Luis Zapatero, qui n'est pas un hurluberlu, l'a dit publiquement. Allons, messieurs les argentiers ! Tous ensemble, tous ensemble ! Cent milliards pour du pain sur la table. Des miettes pour vous, l'assurance de vivre pour les ventres creux. Alors, peut-être, je n'aurai plus envie de vous jeter pierres. Alors, peut-être, je vous pardonnerai vos crimes.
La certitude de la mort devrait nous conduire à une philosophie de la légèreté. Non pas légèreté au sens de superficialité fataliste, mais légèreté qui permettrait de se déprendre de soi et du monde. De même, il ne s'agirait pas d'atteindre une hypothétique sagesse semeuse de tourments mais bien, en toute quiétude, d'observer les agencements du soi et du monde, loin des dichotomies que pourfendait Nietzsche, comme celle du bien et du mal. Il faudrait aussi s'affranchir des signes trompeurs de la Modernité, cette idée fausse, ce leurre destiné à plier les masses sous le joug de la tradition la plus rance. Voilà qui est beaucoup demander aux esprits fragiles que nous sommes, occupés trop souvent aux angoisses des émotions. Je crois cependant qu'un effort de légèreté saurait nous conduire sur le chemin de la liberté.