Jeudi 27 novembre 2008

Comme chaque année à l'approche de l'hiver, les médias redécouvrent les sans-logis réduits au sigle douteux de SDF. Les caméras font le trottoir et glissent sous les ponts. Les "habitants" de la rue disent qu'ils ne veulent pas dormir dans les centres d'hébergement où on attrape des poux de corps et qu'il faut quitter à l'aube. Christine Boutin, émue de ce que trois sdf viennent de mourir de froid au bois de Vincennes, souhaite les y contraindre. Question épineuse. Au-delà de toute polémique sur la mollesse des gouvernements à secourir les plus démunis, je ne parlerai donc pas des tentes confisquées aux Enfants de Don Quichotte, les sans-abri ont-ils ou non le droit de choisir le risque de la mort ? Ils disent que c'est la seule liberté qui leur reste, la seule dignité qu'ils peuvent encore exprimer. Leurs témoignages sont toujours poignants et soulignent le délitement d'une société de l'indifférence. Voyez à ce propos le film de Schoeller, Versailles. Guillaume Depardieu y est tout à fait convaincant et on saisit mieux les engrenages qui conduisent sous les ponts ou dans les bois. Soixante pour cent des Français imaginent qu'ils pourraient un jour y aller...

publié dans : Basculements
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Commentaires

Voici une raison fort instructive de leur refus d'alleren site d'accueil lue sur un site d'aide aux SDF...

Lorsqu’ils parviennent à accéder aux divers refuges subventionnés par l’Etat (nous !) et ce qui n’est pas facile parce que ce sont les autres qui y font la loi, nos SDF doivent faire face aux vols, rackets, agressions physiques et verbales, maladies exotiques et autres sévices qui leur sont infligés. Voila pourquoi les nôtres « préfèrent » dormir dehors.

Cette scandaleuse réalité a déjà été dénoncée en janvier sur le site de Solidarité Des Français : http://www.association-sdf.com/blog/index.php?paged=16

Qu’on se le dise ! Ce n’est pas goût de la liberté que les plus démunis des nôtres dorment sur les trottoirs ! C’est, d’abord, parce qu’ils ont du mal à accéder aux foyers d’urgence encombrés par la misère venue de loin et, ensuite, parce qu’ils risquent de s’y faire écharper par ceux que certains accueillent chez nous sans demander notre avis. Il semble que les medias commencent à relayer cette vérité dérangeante……

 

Commentaire n° 1 posté par Enzo le 27/11/2008 à 10h19

>Enzo. Les centres d'hébergements sont insalubres certes mais par manque de moyens, dans certains on dort sur des sièges les uns sur les autres ou dans des grands dortoirs... Ce n'est certainement pas la fautes des méchants "venues de loin" qui taperaient sur vos pauvres petits blancs. Cette "insécurité" vient plus du lieu et de la promiscuité qu'il créé entre les gens. Les "français de souches" ne seraient-ils que des victimes? Allé, arrêtez de chercher des coupables "du dehors"(une tradition de l'extrème droite), c'est de la lâcheté (une tradition du partisan de l'extrème droite que vous êtes, incapable de se remettre en question: c'est les autres!). Pure idéologie...

  Excuses moi Dominique mais Enzo, jusqu'à quand? Il a bien assez de tribunes. Je sais bien qu'un blog est un lieu de débat qui ne doit pas tourner qu'entre convertits mais là je ne vois pas quel est l'intérêt de ses commentaires. Ce ne sont que des vomis, aucune "vérité dérangeante" là-dedans. Juste une idéologie nauséabonde que tout le monde connaît et reconnaît dont les partisans fantasment sa soit-disant censure ou clandestinité subit.

Commentaire n° 2 posté par Nico, Un pas de côté. le 27/11/2008 à 11h26
Pardon pour les fautes... j'ai écrit dans le feu...
Commentaire n° 3 posté par Nico, Un pas de côté le 27/11/2008 à 11h29

Nico, pauvre naze, tu as été questionner les SDF ? Non bien sur, lespetits bourges de ton espèces les défendent de très loin en bon révolutionnaire de salon.

Moi, ce que j'ai vu et entenu de lur bouche sur le terrain confirme largement ces propos. Va donc faire une distribution et on en reparlera...

 

Commentaire n° 4 posté par Enzo le 27/11/2008 à 11h41

>Enzo. Petit bourges? je ris... Vous ne me connaissez pas... Encore des aphabulations... Et quand bien même. Je connais des gens qui travaillent dans ces structures... et je m'informe. Je ne fais pas un travail de lobbyste pour distribuer éthniquement l'aide aux SDFs.

Employez le "vous" lorsque vous vous adressez à moi.

Commentaire n° 5 posté par Nico, Un pas de côté le 27/11/2008 à 12h09

à Nico: Enzo est très malade et vomit... Il ne peut donc travailler et passe son temps devant son ordi, essayant de convaincre on ne sait qui par ses propos... personne ici en tout cas !

Commentaire n° 6 posté par dominique L le 27/11/2008 à 23h04

C'est ce que j'ai lu de mieux. Une réalité froide. 

 Mais gare à ne pas isoler une phrase de son contexte car c'est bien de l'analyse en profondeur qu'il s'agit, d'un mécanisme complexe et non de phrases assassines.

   

Voyage au bout de la nuit
Patrick  Declerck   Les Naufragés - Avec les clochards de Paris
Plon - Terre humaine 2001 /ISBN : 2-259-18387-5


« Le clochard est comme le criminel, le toxicomane et la prostituée, l'une des figures emblématiques de la transgression sociale. » Pour raconter son voyage au bout de la nuit et de la misère, l'anthropologue et psychanalyste Patrick Declerck a choisi de parler fort, franc, n'hésitant pas à prendre à contrepied les bonnes consciences. Des couloirs du métro au fourgon du Samu social, des bureaux de l'Insee au Centre d'hébergement de Nanterre, il a mené, pendant quinze ans, une enquête serrée sur cette population honteuse qui, de plus en plus nombreuse et de plus en plus jeune, a fini par devenir transparente aux yeux des autres : les clochards.

Le bilan ? Il est sans appel : à la réalité du "moment où tout bascule" - licenciement, divorce, perte de repères avec un quotidien structuré et socialisé... - répond le fantasme utopique du "déclic" qui, d'un seul coup, régénèrerait le clochard et l'aiderait à retrouver sa place dans la société. Mais, comme le déplore l'auteur, il ne s'agit bien que d'un fantasme : « Toutes ces années, je n'ai constaté aucun cas de réinsertion. Il faut se faire à l'idée que ces gens sont incapables de fonctionner dans des conditions d'exigences minimales. » La voie de la désocialisation et de la clochardisation reste désespérément à sens unique, et le SDF se banalise jusqu'à devenir une simple composante statistique de la société urbaine moderne. Un de ces naufagés auxquelles plus personne ne songe à tendre la main.

Seule possibilité de voir les choses changer : dépasser les simples réflexes compassionnels, souvent teintés de mauvaise conscience, et oser des réformes restées pour l'instant théorique. Une première initiative pourrait être, par exemple, de remplacer la "charité hystérique" des belles âmes par une prise en charge médicale et durable du problème. La drogue, l'alcool, la démence (près de 20% des SDF parisiens sont des psychotiques caractérisés) appellent des structures d'accueil et de soin précises - elles sont, pour le moment, cruellement inexistantes...


Commentaire n° 7 posté par Shibolethe le 28/11/2008 à 06h33

http://oceania55.canalblog.com/archives/declerck_patrick/index.html


Bonjour Monsieur,

Excusez-moi, je vous dérange peut-être…

J’aimerais passer un moment avec vous,

mais voyez-vous, c’est difficile.

Tout geste ou parole peuvent vous blesser.

Je ne veux pas vous faire une aumône,

Je ne veux pas vous sembler curieuse

ni maladroite, ni bénévole, ni mère Térésa.

Je ne veux pas me pencher sur vous,

puis-je m’asseoir près de vous ?

 

Rien que cette phrase :

J’aimerais passer un moment avec vous

ça ressemble à quoi ces mots ?

cette phrase mondaine qui fait des manières… ?

Tout est trop mondain et pas assez humain.

 

Je recommence :

Bonjour Monsieur,

Je passe souvent dans la rue

chaque fois, je voudrais m’arrêter,

parfois, vous lisez , parfois, rien.

Vous, dans l’encoignure de la porte.

Aujourd’hui, j’ose,

je peux m’asseoir à côté de vous ?

 

Voilà, je ne veux pas blesser vos blessures.

J’ai envie qu’on se parle.

On ne se connaît pas,

je ne sais rien de vous, ni vous de moi

d’où vous venez, comment c’est arrivé

ni comment elle s’est incrustée, cette mouise.

Pas envie de vous faire rigoler cruel

en vous disant que je me sens mal

quand je vous vois !

De mon impuissance.

Pas envie d’eau bénite dans ma tête.

Envie de concret immédiatement,

une couverture, un repas chaud,

une bouteille et puis…nous parler.

 

Cette tache rouge sur la porte…

mais c’est une fleur !

Une rose …

légion d’honneur de la misère.

 

Allez, on se donne la main,  je reviens…

Océania

Commentaire n° 8 posté par Océania le 29/11/2008 à 13h59
Je poste un com pour essayer de débugger, on ne peut pas lire la fin du 7 et le commentaire 8...
Commentaire n° 9 posté par Enzo le 29/11/2008 à 21h08
Océania..comme vous j'ai ressenti ce désir d'aller vers L'humain qui souffre, mais comment y arriver?Dans nos sociétés occidentale, celui qui dort par terre en chien de fusil, est déjè un Autre pays.
Chez ns les itinérants  sont  souvent des personnes qui ont souvent un passé psychiatriser...infiniment triste
Commentaire n° 10 posté par noese cogite le 04/12/2008 à 10h36
Pourquoi vous écrivez aussi gros ? ce sont des billets seulement pour les vieux ? les idées ne sont pas neuves...
Commentaire n° 11 posté par kriss le 11/12/2008 à 00h14

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