Ah ! Comment dire ? Comment comprendre ? Le dépeçage de la société française par les cyniques du gouvernement taille chaque jour davantage la chair et le sang du
peuple. L'école bientôt ne sera plus qu'un corps mort où seront fabriqués à la chaîne les emmurés de la production. Les malades sur leur lit d'agonie dans les hôpitaux à genoux constatent effarés
le creusement purulent de leurs blessures soignées à bas coût. Les vieux reprendront demain le harnais pour étancher la soif de profit des actionnaires de la détresse et on leur offrira la viande
pourrie du discount pour reconstituer la force du travail. Les spadassins du comte de Hongrie, abjects comme le furent les fermiers généraux de l'ancien régime, aménagent lentement la société de la
faim, la société du désespoir. Mais il reste au peuple l'arme de la grève. Aujourd'hui, l'Education nationale proteste massivement. Je constate, hélas, que bien des jeunes professeurs se détournent
des mouvements sociaux. Ils sont conscients de ce qui les attend mais restent dans le rang, dociles. Alors oui, comment dire le malaise qui me saisit, comment comprendre qu'une partie importante de
la jeunesse rampe sous le joug des ukases économiques ?
Je suis bien triste.
Un enseignant qui ne fait pas grève est-il pour autant un "docile" ? Ne peut-il pas être militant, mais d'une autre manière ? Peut-être ne croyons-nous plus en ce mode d'action... Mais cela ne veut pas dire que nous ne croyons en rien et que nous ne faisons rien... Pessimiste est ce billet sur l'avenir de notre société... Peut-être avez-vous raison, des fois je me dis comme vous... Mais je sais aussi, pour les fréquenter, qu'il y a des forces actives pleine d'énergie créatrice, et pas au service de la productivité... alors je suis quand même optimiste...
Commentaire n° 1
posté par
morgane
le 20/11/2008 à 10h37
Oui, Morgane, il existe d'autres formes de militance, mais la grève reste un moyen de lutter qui a son utilité. Il permet de se compter, c'est déjà beaucoup, et il peut s'articuler avec d'autres formes de luttes.