Il n'y a pas de mal dont il ne naisse un bien, écrivait Leibniz. Grâce à un changement de "télévicon", nous
retrouvâmes, ma compagne et moi une antique cassette de Léo Ferré, dormante dans la poussière où mijote l'oubli. Je viens de l'écouter dans la voiture en ce
gloomy sunday et les larmes pour un peu m'auraient tombé les yeux. La même magie, le même enchantement au travers du corps et de l'âme. La voix de Léo, là, vingt ans, trente ans après. Les
souvenirs de ses concerts et qu'un compaing de la mistoufle y perdit sa chemise alors que nous allions à vélo déjanté et que Rimbaud poussait en nous ses incantations. Les soirées autour des
galettes noires où Brigitte Giraud mettait à la voile sur ma mélancolie, ce "bonheur d'être triste". Nostalgie des temps révolus ? Que nenni ! La jeunesse est
là comme au premier jour et "luit comme un brin de paille". Qu'une voix surgisse au hasard magnétique et le chemin que nous eûmes parmi le peuple des questions n'a point perdu ses chatoiements de
prunelles grises, avec ce cri lancé par Léo :
"Qui réparera l'âme des amants tristes ?"
ah oui écouter léo et se bercer à nouveau de nos rêves. je ne peux que vous retrouver à ces endroits. mais en ceux-ci seulement? qui réparera l'âme des amis tristes?