Dimanche 16 novembre 2008

Il n'y a pas de mal dont il ne naisse un bien, écrivait Leibniz. Grâce à un changement de "télévicon", nous retrouvâmes, ma compagne et moi une antique cassette de Léo Ferré, dormante dans la poussière où mijote l'oubli. Je viens de l'écouter dans la voiture en ce gloomy sunday et les larmes pour un peu m'auraient tombé les yeux. La même magie, le même enchantement au travers du corps et de l'âme. La voix de Léo, là, vingt ans, trente ans après. Les souvenirs de ses concerts et qu'un compaing de la mistoufle y perdit sa chemise alors que nous allions à vélo déjanté et que Rimbaud poussait en nous ses incantations. Les soirées autour des galettes noires où Brigitte Giraud mettait à la voile sur ma mélancolie, ce "bonheur d'être triste". Nostalgie des temps révolus ? Que nenni ! La jeunesse est là comme au premier jour et "luit comme un brin de paille". Qu'une voix surgisse au hasard magnétique et le chemin que nous eûmes parmi le peuple des questions n'a point perdu ses chatoiements de prunelles grises, avec ce cri lancé par Léo :
"Qui réparera l'âme des amants tristes ?"

publié dans : Livraisons
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Commentaires

... glooby sunday Dominique (-:
Commentaire n° 1 posté par sylvie lauzel le 16/11/2008 à 12h04
Il y a cette petite phrase que je ne puis "sousestimer" même 30 ans après "les larmes pour un peu m'auraient tombé les yeux."
Commentaire n° 2 posté par Sylvaine Vaucher le 16/11/2008 à 13h00
Une cassette tirée des poussières ordinaires, voilà qui est étrange. Hier, j'ai vu ce spectacle dans un petit théâtre bordelais très intimiste "La dernière bande" de Samuel Beckett. Beau texte sur la rumination d'un être vieillissant, ce retour dans le monde du souvenir, de l'absurde condition de vivre et de sentir la vie traverser l'âme. Quand tout cela commence-t-il ? Comment fait-on pour tenir sur le vide ? Par quoi le remplir, un regard, des pierres, des mots tricotés dans à l'envers et dans la mousse ? Et puis des voix... 
Commentaire n° 3 posté par Margot le 16/11/2008 à 14h12
il est un plaisir que se donne la vieillesse, c'est le souvenir ...
Commentaire n° 4 posté par marie-claude leloire le 16/11/2008 à 15h12
Ah! que de nostalgie et de féerrie à évoquer Léo Ferré ; il est bien présent avec toute cette musicalité et sa sensualité : quelle fièvre, il communiquait avec : c.extra. Et non, même l'âme des amants n'est pas triste mais souffrante, haletante, vibrante et douloureuse ; elle, dans un silence, en retrait, se retirera pour vivre reclus ; sa consolation se fera avec le temps et son double
tranchant, incisif et jouissif, alors quoi de plus vivant que vivre intensément sa vie, pour nous autres, les amants...Jackie
Commentaire n° 5 posté par JACKIE le 17/11/2008 à 13h11
Ferré, Duras ! Comment veux-tu que je ne vienne pas, de temps en temps, faire un tour du côté de chez toi !

C'est pas rien tout ça.
Commentaire n° 6 posté par DEB le 18/11/2008 à 23h35
Superbe contenu philosophique, et je ne fais pas allusion à la présentation. Je reviendrai.
Mon petit blog, plus léger quant à l'implication...

http://texticules.over-blog.fr/
Commentaire n° 7 posté par zorba le 19/11/2008 à 12h36

ah oui écouter léo et se bercer à nouveau de nos rêves. je ne peux que vous retrouver à ces endroits. mais en ceux-ci seulement? qui réparera l'âme des amis tristes?

Commentaire n° 8 posté par anne le 20/11/2008 à 00h05
Merveilleux ton article, ton écriture ici me colle au coeur comme la voix de Leo.
Commentaire n° 9 posté par sido le 25/11/2008 à 09h31

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