Je vous lis depuis vingt-cinq ans. Vos romans, La vie est ailleurs, La plaisanterie, La valse aux adieux, L'insoutenable légèreté de l'être, m'ont durablement marqué. Vous avez su dépeindre la comédie tragique d'un système communiste qui broyait l'humain. Vous l'avez fait avec cette pointe d'ironie qu'on trouve aussi dans les livres de Bohumil Hrabal. Une ironie sans méchanceté, sans rancune, qui prouve votre amour des autres. Aussi ai-je du mal à croire que vous ayez pu servir dans ses basses oeuvres un régime dont vous avez été vous-même la victime. Et quand bien même auriez-vous failli que je vous pardonnerais ! Non pas parce que vous êtes un écrivain que j'aime. Mais parce qu'on a le droit de se tromper à vingt et un ans. Les individus, dont je suis, qui n'ont pas connu la grande Hache de l'Histoire dont parlait Kafka, ne peuvent pas savoir s'ils n'auraient pas commis d'erreur à un moment donné. Nous manquons singulièrement d'humilité devant le dépeçage de la haine. Alors voilà, j'espère que ce courrier vous parviendra. Pour moi, vous demeurez un homme qui s'est dressé contre la barbarie, avec des mots ordinaires que vous avez su transfigurer. Et je souhaite, je le dis avec une naïveté que je revendique, que les jurés du prix Nobel vous distinguent en 2009 pour votre quatre-vingtième anniversaire. Vous le valez bien et plus que ça encore.
Kundera ? 12 balles dans la peau. Ca vengera Brasillach... Pas de quartier pour les collabos de l'horreur rouge, même (SURTOUT !) s'ils jouent les repentis...