Dimanche 12 octobre 2008

 

Je viens de découvrir la voix singulière de Julio Llamazares et je sais déjà, avec l'instinct des mots qui sont les miens, que l'auteur de La lenteur des boeufs est un écrivain hors du commun. Julio Llamazares a été marqué dans sa chair et dans son âme par la disparition de son village natal sous les eaux d'un barrage. Sans doute est-ce pour cette raison que l'oubli est le versant de la mémoire qu'il gravit sans cesse, Sisyphe marqué jusqu'au sang par l'implacable lenteur des éléments et de la solitude.
" Hay racimos de soledad en tus manos, desposesiones màs antiguas que la sangre. Huyen los anos de tus ojos como bandadas de cometas por las plazas maduras. (Solo quedan los bueyes rumiando su tristeza.) Has conocido, entre gravillas de silencio, el sabor amarillo de mis pasos, el humo indescifrable de las brasas sin tiempo."
" Il y a des grappes de solitude dans tes mains, dépossessions plus anciennes que le sang. De tes yeux les années s'enfuient comme bandes de cerfs-volants sur les places mûres. (Seuls restent les boeufs ruminant leur tristesse.) Tu as connu, au milieu de gerbes de silence, la jaune saveur de mes pas, l'indéchiffrable fumée des braises hors du temps.
La lenteur des boeufs, suivi de Mémoire de la neige, a été traduit par Bernard Lesfargues aux éditions fédérop. Julio Llamazares est aussi l'auteur de plusieurs romans dont La pluie jaune chez Verdier. Je ne manquerai pas de vous en parler quand je l'aurai lu.

publié dans : Livraisons
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Commentaires

Avec plaisir, et je note déjà celui-ci.
Commentaire n° 1 posté par Loïs de Murphy le 12/10/2008 à 14h21
Une phrase extraite du film "21 grammes" :
 
"Parce que ce dont on ne se souvient pas révèle ce qu'on ne peut oublier"
Commentaire n° 2 posté par Océania le 12/10/2008 à 18h50

Ce fragment éveille une curiosité de belle qualité .

Merci.

Commentaire n° 3 posté par brigitte giraud le 12/10/2008 à 19h06
...

C'est très joli "De tes yeux les années s'enfuient comme des bandes de cerfs-volants ..."
Commentaire n° 4 posté par sylvie lauzel le 12/10/2008 à 19h17
nous connaissons tous les vallées englouties de notre passé ...
Commentaire n° 5 posté par marie-claude leloire le 13/10/2008 à 23h17
Hélas, autant j'aime écrire, autant j'ai du mal à lire plus de quelques lignes à la suite : )
Commentaire n° 6 posté par joruri le 14/10/2008 à 12h22
Ps. Comme je vous ai un peu cassé les pieds chez Clarinesse, je vous propose de passer chez moi pour lire les textes, ecouter les musiques et regarder les dessins, et vous verrez que je ne raisonne que très rarement. Ok ? Je vous en remercie d'avance...
Commentaire n° 7 posté par joruri le 14/10/2008 à 12h51
Ce court extrait me donne envie de lire cet auteur que je ne connaissais pas.
Commentaire n° 8 posté par elsa le 14/10/2008 à 19h22

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