La certitude de la mort devrait nous conduire à une philosophie de la légèreté. Non pas légèreté au sens de superficialité fataliste, mais légèreté qui permettrait de se déprendre de soi et du monde. De même, il ne s'agirait pas d'atteindre une hypothétique sagesse semeuse de tourments mais bien, en toute quiétude, d'observer les agencements du soi et du monde, loin des dichotomies que pourfendait Nietzsche, comme celle du bien et du mal. Il faudrait aussi s'affranchir des signes trompeurs de la Modernité, cette idée fausse, ce leurre destiné à plier les masses sous le joug de la tradition la plus rance. Voilà qui est beaucoup demander aux esprits fragiles que nous sommes, occupés trop souvent aux angoisses des émotions. Je crois cependant qu'un effort de légèreté saurait nous conduire sur le chemin de la liberté.
Passer toutes choses au tamis de la parole pour exister. Ces sont là des questions fondamentales que tu soulèves, et depuis des lunes, l'homme s'échine à résister aux trivialités de l'existence et à son absurdité. Si on pouvait, naturellement, traduire nos tourments en douceur... les philosophes n'auraient peut-être jamais écrit, ou ils auraient inventé une philosophie de la porte ouverte. Les portes ouvertes m'angoissent. Est-ce mauvais signe ?