Mercredi 17 septembre 2008

Qu'importe la volée de bois vert que je recevrai ! Oui, mille fois oui, et de façon réfléchie, je suis pour qu'on mette à bas l'école maternelle. Tout d'abord, l'école maternelle n'a rien de maternel. Comment peut-on prétendre passer de la sphère privée et exclusive incarnée par la mère à ce marigot collectif que l'on dit socialisant de l'école maternelle soumise à une évaluation stricte des compétences ? Quelles représentations symboliques pourrait bien cimenter ladite école qu'une mère, dans la lenteur et le hasard des jours, ne saurait construire ou tout au moins laisser advenir ? Alors, naturellement, j'entends les arguments de la gauche généreuse. Il faut penser aux couches défavorisées, celles qui n'ont que la téloche comme médiateur de sens. L'école maternelle serait un rempart contre l'abrutissement dès le plus jeune âge ! A d'autres ! Qu'on ne me berce pas d'histoires sirupeuses ! L'école, même élémentaire ou secondaire, est une forteresse fragile face aux coups de boutoir de la doxa médiatique et mercantile. Et puis, et puis, quand je vois ces môminets pleurant tout leur corps dès leurs trois ans sonnés, dont on va contraindre déjà l'esprit au prétexte de l'éveiller, eh bien, je pleure. Et dire que certains, très à "gôche", préconisent une entrée dans le moule à deux ans. Résolument, je dis non. L'école sous Sarkozy-Darcos va devenir de plus en plus un disque dur à formater, alors, pitié ! Au secours ! Epargnons nos plus petits ! Qu'ils ensemencent librement leurs friches ! Que leurs pensées en germe épousent cette ligne de sorcière chère à Gilles Deleuze ! Ma proposition est donc simple, voire enfantine. Supprimons la petite et la moyenne section. Gardons la grande section qui serait un cp1 comme il existe un ce1 ou un cm1. L'argent économisé pourrait être redéployé en faveur des zones d'éducation prioritaire.

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Commentaires

Non, pas d'accord ! certes la réalité n'est pas idéale, mais sans doute que les enfants de cp qui ne possèdent que 5OO mots en possèderaient moins encore sans l'école des petits. Créons alors des petites unités d'accueil pour nos petits où le bruit n'écorcherait pas leurs oreilles fragiles et où ils s'ouvriraient doucement au monde. Supprimer la maternelle sera faire des économies, rien de plus. Et on ira vers du moins, encore du moins.  
Commentaire n° 1 posté par brigitte giraud le 17/09/2008 à 21h23
j'ignore comment cela se passe en France, mais ici en Belgique l'école maternelle n'est pas obligatoire, on parle d'imposer la scolarité dès 5 ans mais les parents sont libres de garder leurs enfants jusqu'aux primaires . Je trouve bon que les petits fréquentent ces lieux, ils y découvrent plein de choses et s'y amusent beaucoup .
Commentaire n° 2 posté par marie-claude leloire le 18/09/2008 à 00h02
il a raison DARCOS, pas besoin d'institutrices pour garder des mômes de 2 à 5 ans, tout au plus des éducatrices. Seulement on vexe ces priviligiées.
Commentaire n° 3 posté par linlin le 18/09/2008 à 18h31
D'accord/ pas d'accord!  à 2 ans NON, NON, et NON,  mais dès qu'un enfant est prèt à se "sociabiliser" (je désteste ce mot) pourquoi ne pas l'amener tanquilement, tout doucement, à l'éveil, au partage, à la découverte ... mais pas dans des "classes" de 30 gamins, pas dans un milieu de stress ... Je travaille souvent en mileiu scolaire, dans divers endroits ... et je vois la différence : un enseignant et 15  gamins, et les "bébés" apprennent à devenir grands ; un enseignant et 30 gamins et les "bébés" continueront à pleurer toute leur vie (scolaire, tout du moins) .
Ré ouvrir les "jardins d'enfants" avec du "personnel" formé pour ces tous petits ... et les laisser vivre avec leurs "doudous" leurs couches et leurs totottes jusqu'à ce qu'ils n'en aient plus besoin ... y aller tout doucement plutôt que d'essayer de leur apprendre trop tôt notre société à la con de compétition ...
Commentaire n° 4 posté par Cecile le 18/09/2008 à 22h04
Votre billet m'enchante. J'aime les idées qui dérangent. Vos lignes me laissent si perturbé que je vais devoir réfléchir.
Commentaire n° 5 posté par Georges F. le 19/09/2008 à 07h33
Tu sais ce qui me dérange chez ce ministre c'est le côté provocateur ; faire monter la mayonnaise ;ce côté il y aura les pour et  les contre, les bons et les méchants. Où est la raison, où est ce qui est bon pour les enfants et leurs familles. car tout est question d'équilibre, aussi. L'éducation mérite un autre débat d'intelligence et non d'idées toutes faites et raz des pâquerettes.
Mais nous avons les politiques qui vont avec notre vision de la vie. A court terme et superficielle.
Tu as une volée de bois vert finalement? ;o)
Commentaire n° 6 posté par is le 19/09/2008 à 08h45
Pour une fois, je ne suis pas d'accord avec vous. Franchement, vous avez déjà entendu quelqu'un vous dire: j'ai gardé un souvenir épouvantable de l'école maternelle? On s'y fait ses premiers amis et, du moins la première année, il me semble qu'on passe surtout son temps à jouer, dessiner, chanter et raconter des histoires. C'est l'occasion pour ceux dont le langage n'est pas très développé de rattraper les autres sur ce plan.  A trois ans un enfant apprend une langue en quelques mois - j'en sais quelque chose - à six ans ce n'est déjà plus pareil d'autant qu'ils ont alors d'autres choses à apprendre. Aux Etats-Unis où l'école maternelle n'existe pas, les enfants qui n'ont pas entendu parler l'anglais à la maison prennent ainsi un retard considérable dès le départ. Personnellement, je ne peux pas imaginer mon enfance sans mes années de Kindergarten, j'en garde une très bon souvenir. Et où aurais-je appris sinon toutes les comptines autrichiennes que je connais encore par coeur? La mère, la mère, rien que la mère ... Pitié! Vous ne trouvez pas qu'on a déjà assez de mal à se défaire de l'emprise des mères?
Commentaire n° 7 posté par elsa le 19/09/2008 à 11h55
Vous avez raison Elsa, les mères sont envahissantes. Et j'aime l'idée de Kindergarten, loin de la fièvre évaluationniste.
Commentaire n° 8 posté par dominique boudou le 19/09/2008 à 12h31
C'était aux parents d'élever les enfants, pas à l'Etat comme en URSS ou en Chine rouge...
Commentaire n° 9 posté par Enzo le 25/09/2008 à 10h56
Il faudrait alors envisager la société autrement...
En lisant votre texte, j'ai essayé d'imaginer ce que serait notre société, s'il était décidé de fermer les petites et moyennes sections.
J'ai tout de suite pensé au manque de lieux d'accueil pour les bambins dont les parents travaillent, au coût des frais de garde, au manque de places dans les crèches...
Est-ce à dire que la maternelle est une halte garderie améliorée ? Non, mais la disparition de l'école maternelle poserait de manière cruciale la question de l'accueil des enfants dont les parents travaillent.
L'école maternelle est-elle un substitut du rôle parental ? Dans mon esprit, non.
L'école ne peut pas remplacer un père ou une mère aimant. On ne naît pas père, on ne naît pas mère, on le devient. Cette relation se construit au fil du temps et se transforme régulièrement au gré des aménagements de chacun. Le problème, c'est que nous culpabilisons de courir, de lutter pour vivre décemment dans notre société actuelle.
Les "politiques" font culpabiliser les gens, les infantilisent et pensent les structures de l'état comme des pansements. Envisager l'école comme un moyen de panser l'impéritie des parents est un bon moyen de la rendre caduque dans ses fondements.
Mais ce qui touche l'école, ce qui touche le rôle des parents, ce qui nous touche tous, c'est la question du LIEN. La politique actuelle est malade... Le cadre aussi ouvragé soit-il n'a jamais précédé le sujet et la réalisation du tableau.
Relisons Bataille



Commentaire n° 10 posté par Mafayou le 13/10/2008 à 10h27
A Mafayou, Monsieur ou/et Madame,

Merci de votre passage. Relire Bataille, oui, il le faudrait. Mais je n'ai que deux yeux et Nietszche en ce moment les épuise.
Commentaire n° 11 posté par dominique boudou le 13/10/2008 à 17h38
J'aimerai avoir le courage de me remettre dans ces saines lectures.

J'ai repensé à cet article. Fut un temps où les écoles maternelles n'existaient pas, un temps qui n'est pas si loin. J'ai 37 ans et j'ai passé ma scolarité primaire dans une petite commune où il n'y avait pas de maternelle. La grande section s'appelait section enfantine, on y voyait les prémisses du CP. Il n'y avait pas toutes ces activités d'éveil, ludiques, comme en ont nos bambins. Cela ne m'a pas empêché d'avoir une scolarité normale et san difficultés. Pourtant, pour anecdote, je partais avec un handicap : La maîtresse de cette classe était une personne sévère, très dure, qui ne savait pas transmettre sans utiliser les petits cheveux que nous avons sur les tempes ou sur la nuque, qui pratiquait la pédagogie de la règle sur les doigts et le "compliment" ... bon c'était la parenthèse !
Heureusement, nos bambins vous ont et la pédagogie est encore vive !

Christine
Commentaire n° 12 posté par Christine Mafayou le 14/10/2008 à 12h29

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