Rien ne m'exaspère autant que les poncifs à propos de l'été et des vacances : juillet-août, on bronze et on se
prend pas la tête. Alors que justement, dans la langueur des jours émaillés de siestes et de tintements de verres, on a tout le loisir d'une promenade à l'intérieur de soi, pour apprivoiser les
ombres fragiles du monde. Loin de la fureur des plages et des merguez recongelées, à mille miles des scies radiophoniques et des tranches frelatées de la publicité, voici quelques propositions de
lecture qui n'ont rien à voir avec la pléthore de polars recommandés par la presse.
Agota Kristof : La preuve, Le troisième mensonge, (Points-Seuil)
Irène Némirovsky : Les chiens et les loups, (Poche)
Beauvoir : Tous les hommes sont mortels, (Folio)
Simenon : L'aîné des Ferchaux, (Folio)
Yves Ravey : L'épreuve, (Minuit)
Maryline Desbiolles : Les draps du peintre, (Seuil)
Les deux derniers ouvrages, plus minimalistes, où l'écriture importe davantage que l'histoire, toucheront un public moins large.
Mon blog reprendra un cours plus régulier à la fin du mois d'août.
"Se prendre la tête". Mille fois d'accord ! Y a-t-il expression plus exaspérante de la bêtise revendiquée ? "Surtout, qu'on ne me prenne pas la tête : je prends mon pied à oublier que j'en ai une (de tête). Laissez moi centrer ma vie autour de mon estomac et de mon portefeuille. Veux pas penser. Mauvais pour la digestion."