Mercredi 23 juillet 2008 3 23 /07 /2008 13:06

La photo de Radovan Karadzic publiée après son arrestation à Belgrade est fascinante. Elle pourrait s'intituler La métamorphose du bourreau. Comment reconnaître sous cette barbe blanche freudienne l'homme qui a commandé l'assassinat de huit mille musulmans à Srebrenica en 1995 ? Et cependant la métamorphose n'est qu'apparence. Il s'agit bien du même individu. Il était déjà psychiatre quand il a ordonné tous ces massacres. N'empêche, à Pale, son fief, la population le pleure. C'est un héros. Dostoïevski disait qu'un homme qui tue un autre homme est considéré comme un assassin. Mais qu'il en tue cent mille et on lui déroule le tapis rouge. Il sera passionnant de voir le procès au Tribunal pénal international de La Haye. Les juges parviendront-ils à démonter les mécanismes de la monstruosité ? A atteindre cette part maudite de l'humain que nous sommes tous capables de mettre en oeuvre ? Une chose est certaine. Dans le chaos sans cesse recommencé de l'Histoire avec sa "grande hache", d'autres Karadzic, d'autres Mladic jailliront de notre sang. Pour le répandre encore et encore, tant l'expérience de la sagesse ne peut rien contre la pulsion de mort. Mais l'humanité pourrait-elle continuer son chemin sans cette pulsion-là, qui coule dans le même creuset le bien et le mal, l'humain et l'inhumain ? Question terrifiante, n'est-ce pas ? Il est si difficile de concevoir la nécessité du mal, alors que nous savons qu'il peut selon Leibniz en naître un bien... Heureusement qu'il nous reste l'utopie, pour nous défendre de la peur !

- Publié dans : Basculements
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Commentaires

Pauvre Karadzic, il les a tué au mauvais moment et au mauvais endroit ses musulmans. Après le 11/9, il aurait pu se faire passer pour un anti-benladeniste. S'il avait porté l'uniforme de Tsahal, il aurait eu Bush et Sarközy à genoux devant lui...

Pauvres Serbes : on acquittes les criminels musulmans à tour de bras, qui ont meême débité du gamin serbe en pièces détachés, on a privé ce peuple de toute notion de justice, comme le fut le peuple allemand ou les peuples de l'ex-empire du mal.

Que toutes les victimes se dressent contre les nantis en places. Que les fils et les filles, descnedents et descendantes traquent sans relâche les bourreaux et appliquent la sentence ! Privés de justice ? Justice privée !!!

La mémoire, toute la méoire, rien que la mémoire. Se souvenir toujours, pardonner jamais.
Commentaire n°1 posté par Enzo le 23/07/2008 à 15h40
J'aime bien votre billet.
Commentaire n°2 posté par Georges F. le 24/07/2008 à 17h50
"Dostoïevski disait qu'un homme qui tue un autre homme est considéré comme un assassin. Mais qu'il en tue cent mille et on lui déroule le tapis rouge.
C'est très important, ce que vous écrivez-là à propos de cette folie des hommes.
Avez-vous lu "La route" de McCarty, aux éditions de l'Olivier ? La pulsion de mort générale ayant amené le monde à sa fin, deux survivants, un père et son fils cheminent sans espoir, dans un univers de peur... Ceci rejoint celà.
Commentaire n°3 posté par Mireille Disdero le 26/07/2008 à 00h03
... encore et toujours je me heurte à cette question sans réponse ...

Pourquoi tant de haine ?

Commentaire n°4 posté par sylvie lauzel le 26/07/2008 à 10h42
Il a choisi sans le savoir ou bien volontairement, l'image philo d'un temps, se cachant le visage sous une longue barbe blanche. La barbe lui donne l'allure d'un nouveau Socrate ô Dieu, celui-là même qui fut le digne passeur de la prise en compte des âmes, pour qui la souffrance se doit d'être détestable.


Les ombres du mal

  

Des ombres, des zombies errent dans

Ces dédales humanitaires.

 

Des animaux féroces rôdent, rugissants

De toutes leurs dents.

 

Pitié pour ces humains fragiles, ces âmes

 Privées d’envie de liberté.

 

Des ombres, des zombies errent dans

            Ces dédales humanitaires.

 

Terreurs, frayeurs, au menu d’un monde

Devenu spectaculaire, on brise les rêves !

 

Des images de sang gâchent l’envie de vivre,

            L’envie d’être ! Pourquoi, on prie qui ?

 

Des ombres, des zombies errent dans

Ces dédales humanitaires.

 

Des tyrans se fondent dans des visages d’anges,

Ingrats, ils mangent des cœurs.

 

Des êtres n’en ont que faire d’une vie,

De cette lumière qui rend beau le monde.

 

Des ombres, des zombies errent dans le monde

D’hier et d’aujourd’hui, et nuisent.

 

Le 22 novembre 2003

Giuseppe

Commentaire n°5 posté par salamone le 26/07/2008 à 19h14

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