Voilà des mois que, sans jouer les Cassandre, je prédis la suppression de la cinquième semaine de congés payés au nom de la modernité économique. Eh bien nous y voilà, en catimini ! Le gouvernement, qui ne s'aperçoit plus qu'il y a des grèves, vient d'augmenter de 218 à 235 jours le forfait annuel du travail des cadres. Si on déduit de l'année les samedis et les dimanches, ainsi que les 25 jours de congés payés légaux, il ne restera plus à nos cadres sous pression que le premier mai chômé. Ils pourront donc travailler le 25 décembre, le 1er janvier, le 14 juillet etc... Afin de pouvoir être en repos ces jours-là et de profiter de la vie en famille, beaucoup seront contraints de renoncer à leur cinquième semaine de congés payés. Il va de soi que ce plafond de 235 jours pourra être largement dépassé en fonction des accords conclus par les entreprises avec leurs salariés. La norme internationale ne prévoit en effet qu'un jour de congé par semaine et onze heures de repos quotidien. Donc, des journées de treize heures six jours sur sept, c'est désormais possible. Les salariés des grandes entreprises où les syndicats sont encore représentatifs ne devraient pas trop souffrir de ce démantèlement acharné du code du travail. Mais qu'en sera-t-il de tous les autres, et notamment de ceux qui travaillent pour des entreprises sous-traitantes ? Retour assuré au dix-neuvième siècle pour la plupart d'entre nous, voulu par un président qui n'a pas les mêmes lunettes que les autres et accepté par 44% des Français qui accepteraient un recul des services publics en échange d'une réduction de la dette de l'Etat... Bientôt, comme au temps de Guizot, une poignée de rentiers conquérants feront marner la plèbe pis que des esclaves !
Les petits artisans, les commerçants, ils aimeraient bien les avoir les 5 semaines de congés payés... Ils représentent 80 % de l'emploi en France.
Mais ils ne l'ont pas, ponctionnés qu'ils sont (plus de 50 % de leurs revenus) pour permettre que les autres partent en vacances.
Que la classe moyenne se révolte et réinstaure le seul régime qui l'a défendu jusqu'ici.
C'est bel et bien un retour en arrière, un recul social caractérisé.
Jusqu'où cela sera-t-il possible et supportable ?