Mercredi 18 juin 2008

"- Je me demandais, dit Pascal, comment font ces philosophes qui enchaînent des idées avec tranquillité, comme ils articuleraient les pièces d'une mécanique."
"- Une pensée, c'est pour moi une véritable présence, dit-il, c'est trop lourd, c'est trop proche pour que je puisse en distinguer les contours.
- C'est que toi et moi nous ne pensons pas seulement avec notre cerveau, dit Marcelle, nous pensons aussi avec notre coeur."
La suprême raison d'être de Pascal, c'étaient ces extases de tendresse ou de désespoir où le plongeait parfois la lente palpitation de sa pensée ; les échanger contre des phrases abstraites et claires lui aurait paru un crime contre l'esprit.

Cet extrait du premier roman de Simone de Beauvoir, écrit de 1935 à 1937 et refusé par Gallimard et Grasset, illustre à merveille ma tentative de propos sur l'à peu près dans lequel se tient l'homme fragile. Ah ! Comme s'immerger dans une oeuvre est délicieux ! Simone de Beauvoir mérite la Pléiade. Il faudrait qu'on y pense rue Sébastien-Bottin.

publié dans : Livraisons
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Commentaires

Et ni à la fnac, ni chez Alice, on ne trouve "Tous les hommes sont mortels". POurtant c'est bienvrai qu'ils le sont, mortels, non ?
Commentaire n° 1 posté par brigitte giraud le 18/06/2008 à 16h39
Beauvoir écrit sur l'amour, sur l'amitié, sur la relation de pouvoir qui vient les pervertir, ce qui se tricote au coeur, dans l'invisible, et enlaidit ce qu'on croyait être une beauté. Des pages magnifiques sur la cruauté humaine, la fidélité trahie et l'impossible légèreté de l'âme.
Commentaire n° 2 posté par brigitte giraud le 18/06/2008 à 21h34
La pensée,
évoquée, narrée,
juste interprétée,
un bienfait,

s'ajuste,
s'insurge,
se déclare
s'enflammme,

se modèle,
se renouvelle
ne s'achève
et surtout, éclaire.

Pour nous, auteurs, intemporelle
par notre plume, en est la passerelle.               Jackie
Commentaire n° 3 posté par jau_jacqueline le 19/06/2008 à 11h55
J'ai d'abord cru que l'on causait du Blaise du XVIIe.
La première phrase ne lui aurait pas déplu, à mon avis.
Très belles réflexions sur les idées que je devrais relire plus souvent.
Je crois même que parmi toutes les pistes de lectures engrangées ces derniers mois, celle-ci va toutes les doubler, et que le prochain volume à alourdir mon sac sera de Beauvoir. 
Commentaire n° 4 posté par Clarinesse le 23/06/2008 à 09h28
C'est aussi à Blaise que j'ai pensé tout d'abord. Mais j'aime bcp S de Beauvoir, et "une mort très douce" semble me faire signe de le lire...
Commentaire n° 5 posté par caro_carito le 23/06/2008 à 12h12
... penser avec son coeur donne de biens belles lettres ...
Commentaire n° 6 posté par sylvie le 23/06/2008 à 20h20
bien belles .... désolée
je te laisse corriger Dominique
... dernière ligne droite avant les vacances d'été ...

laisser l'encre couler de ton cerveau ...
à bientôt
Commentaire n° 7 posté par sylvie le 23/06/2008 à 20h22

« Nous savons que chaque homme est mortel, mais non que l’humanité doit mourir »

Simone de Beauvoir Pyrrhus et Cinéas

Commentaire n° 8 posté par catel le 24/06/2008 à 16h23
J'ai lu en juillet 2007 "une mort très douce"
Savoir partager la mort de celui qui quitte sa vie, en lui tenant la main, l'air de rien ... mais pourtant quel chagrin !
Commentaire n° 9 posté par Leloire Marie-Claude le 24/06/2008 à 23h00

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