Les "réalistes" n'ont pas tort. Au prétexte qu'il est noir et représente un symbole fort dans un pays qui pratiquait encore la ségrégation raciale il y a quarante ans, Barack Obama ne rendra pas la vue aux aveugles et ne fera pas marcher les paralytiques. Les inégalités sont si criantes aux Etats-Unis qu'il ne pourra guère que les corriger à la marge. Même s'il dispose d'une majorité démocrate dans les deux chambres du congrès, il devra composer avec les potentats de la finance, du pétrole, de la grande distribution, de l'armement et j'en passe. Sans mauvais jeu de mots, Barack ne cassera pas la baraque s'il succède au sinistre W le calotin. N'empêche ! Les "utopistes" non plus n'ont pas tort. Les discours messianiques d'Obama accoucheront d'un nouveau réel tout au moins au plan des relations internationales. Rien à attendre de neuf dans les rapports avec l'Europe, certes ! Mais le regard de l'Amérique sur l'Afrique notamment sera différent. N'oublions pas que le père d'Obama est kényan. Le fils prodige aura à coeur de soulager la misère d'un continent depuis trop longtemps dépecé. Il saura s'affranchir du "pragmatisme" économique pour le faire. Il le devra même, au prix d'une volonté et d'un courage de chaque jour. Au terme du chemin, pour la postérité de ce vingt et unième siècle déjà à bout de souffle, une marque indélébile dans l'histoire du monde. Mais rien n'est fait encore. La sorcière de l'oncle Bill s'accroche avec toute la rage d'un anatife à son mirage de gloire. Attendons la convention du parti démocrate en août, pour être vraiment sûr que the winner is Barack Obama.