Alessandra Nicolaïev est une femme bien singulière. Silhouette fragile au teint de porcelaine où rougeoie parfois une
mèche envolée, on la prendrait volontiers pour une beauté de papier. Mais son mystère s'impose dès les premières pages de La Grande Eclaire et ne lâche le
lecteur qu'à la toute fin, porteur d'un espoir à ne plus tenir debout. Sachs Given, peintre abstrait, succombe à la fascination de la belle dont les cauchemars retentissent de déchirantes phrases
en russe. Où Alessandra puise-t-elle son énergie pour voir plus loin que les voyants alors qu'elle est aveugle ? Comment réussit-elle à deviner sans jamais se tromper les numéros qui vont sortir
à la roulette ? Et quelle est, soudain, cette menaçante agitation autour d'elle ? De l'autre côté de l'océan en Californie, un vieux physicien aux visions révolutionnaires qui intéressent jusqu'à
la Défense nucléaire cherche aussi à la rencontrer. Un tsunami se prépare...
Le lecteur retrouvera sous la plume de Virginie Langlois cette poésie capable de lenteur et, quand le récit l'exige, de fulgurantes accélérations séquencées comme des plans
cinématographiques. Avec La Grande Eclaire, l'auteur réussit un mélange étonnant-détonnant où les considérations sur l'art abstrait de Kandinsky et les paradoxes temporels de la théorie des
cordes ouvrent ensemble un nouveau chemin à l'humanité. Demain, peut-être, par la seule force de notre conscience, nous façonnerons une autre dimension du réel.
Comme Les Sabliers du Temps, La Grande Eclaire de Virginie Langlois est publiée chez Actes Sud