Lors d'un dîner entre amis, la présence de James Cortes Tique. Il nous dresse un tableau émouvant et précis de la situation en Colombie. Il n'est pas pour les Farc. Mais il dit l'abjection du régime d'Alvaro Uribe. Et la peur au fil des jours. La peur de la délinquance commune, la peur des militaires et des para-militaires, la peur dans les bastilles tenues par les narco-trafiquants. La télévision nationale n'en parle pas. Les journaux n'en parlent pas. Puis la conversation roule sur la littérature. James Cortes Tique évoque sa vision de l'acte d'écrire : " Il faut de la naïveté pour écrire, beaucoup de naïveté, car elle permet l'impudeur". Je rapproche cette phrase de ce que disait Dali à propos de Lorca. Il disait qu'il n'était pas intelligent, que son intelligence était un morceau de charbon à l'état brut et que, justement, le chemin de la poésie se trouvait là.
Belle phrase en effet. Sans lien avec son avis sur le régime colombien. Il est pourri peut-être, mais ça ne justifie pas la dictature que font régner les farc. La justice ne demande jamais d'être défendue par l'injustice et la barbarie. Camus exprime ça très bien dans "l'homme revolté". Si on est contre, c'est complètement, ça ne peut pas être un petit peu. Acceptable ou inacceptable ? Inacceptable.
Uribe, c'est comme Pinochet, Franco, Hindenburg, Le Pen ou Reagan. Ce n'est pas glamour mais ça évite le pire...