Mardi 29 avril 2008

Jusqu'au 7 juillet, le Flamand Jan Fabre dépose ce qui le hante aux pieds de ses ancêtres Van Eyck, Rubens et autres torturés de la mort. L'exposition s'intitule "L'ange de la métamorphose". Elle commence par l'artiste qui se vide de lui-même en scrutant un tableau dont on ne sait rien. Spectacle saisissant de bout en bout. Des milliers de scarabées recouvrent des corps, des morceaux de viande ou des rotondités comme Le bousier. La corruption des chairs suspendue à son esse grouillante, prélude à la poussière. Ailleurs, des hommes recouverts de punaises aux pointes érectiles, ou, encore, des robes épousant les formes perdues de celles qui les ont portées, cousues de fragments osseux. Et puis, bien sûr, ces 450 pierres tombales disposées comme une profanation, parmi lesquelles serpente un immense vers de terre dont la tête est celle de l'artiste. "Je veux sortir ma tête du noeud coulant de l'histoire", dit-il. Mais existe-t-il une échappatoire ? Non, bien sûr ! C'est pour cela qu'on ne sort pas indemne de cette exposition. C'est pour cela que, jusqu'à son dernier souffle, l'humanité n'en finira pas de créer. De se forger des fantasmes ravageurs. Jan Fabre élève lui-même les scarabées qui en constituent le matériau. Des dizaines de milliers d'insectes sombres ou lumineux pour ne pas basculer

. Pas encore. Pas tout à fait. Il faut du temps pour se vider totalement de soi-même, s'il reste quelque chose à regarder là-bas, tout là-bas...
publié dans : Baz'arts
ajouter un commentaire commentaires (6)    créer un trackback recommander
Retour à l'accueil

Recherche

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Syndication

  • Flux RSS des articles
Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus