Nous connaissons l'usage que font nos gloires nationales de la langue de bois. Le landernau politique la manie admirablement. Le microcosme médiatique n'est pas en reste. Normal puisque le landernau et le microcosme voguent en eaux troubles sur le même bateau. Mais le monde devient de plus en plus brutal. Le bois durci à la seule mauvaise foi ne fait plus l'affaire. Le cynisme n'y trouve pas son compte. Désormais, c'est la langue de porc qui est servie sur tous les plateaux. Porcine la langue de Roselyne Bachelot quand elle affirme mordicus qu'on ne touchera pas au remboursement des lunettes par la sécu. Porcine encore la langue de Nadine Morano qui dit que les allocs ne vont pas baisser alors qu'une addition toute simple démontre le contraire. Nous avons donc un gouvernement de porcs. Un gouvernement de porcs qui prend les gens du peuple pour des veaux. Qu'est-ce que ça va donner, cette guerre entre les porcs et les veaux ? Et si des chiens venaient à s'en mêler ? Il n'en manque pas, vous savez ! Curieuse ménagerie qu'une société aux abois, n'est-ce pas ! Tenez, moi qui suis plutôt ours, je rentre dans ma tanière avec mes abeilles. Le premier porc qui passe à ma portée, je lâche mes dards.
Ton texte me fait penser à Gérard de Nerval qui se promenait dans les jardins de Port Royal avec un homard tenu en laisse. Que pouvait donc bien trouver de singulier à cela ? Lui, il trouvait son homard aussi sympathique qu'un chien, même plus, vu qu'il était bien placide, le crustacé et qu'il n'aboyait pas... La fin de l'histoire est que le poète a fini pendu à un réverbère, un soir pluvieux de novembre.
Son génie et sa folie se tenaient par la main.
Et puis flûte ! un homard en laisse, ça t'a une autre gueule que les bestioles pré-cités !