Sous le titre "Humain, très humain : photographies en Aquitaine, 1987-2007", le musée d'Aquitaine
expose des artistes contemporains qui représentent différentes tendances de l'expression photographique dans notre région. Parmi eux, Pierre Bidart, en lien sur ce blog, Loïc Le Loët, Christophe
Goussard... Christian Delécluse, auteur du merveilleux "Untel, Père et Fils" publié aux prestigieuses éditions Cercle d'Art et préfacé par Jean Vautrin, devait faire partie de l'aventure.
Las ! Le directeur du musée Môssieu François Hubert considère que certaines photos de l'artiste sont choquantes au prétexte qu'elles montrent des pères nus ou demi-nus avec leurs enfants. Je
feuillette et refeuillette l'ouvrage avec un oeil scrutateur mais, même en me forçant, je ne parviens pas à trouver une seule photo équivoque. Nulle apologie de la pédophilie dans le travail de
Christian Delécluse ! Mais voilà ! Il y a à la mairie de Bordeaux quelques culs bénits de l'opus dei, ceux-là mêmes qui vitupèrent et interdisent Molinier de cimaise. Mais voilà ! Ce François
Hubert est soit un rescapé de la clique de Torquemada, soit un pleutre qui fond devant un simple haussement de sourcil. La morale la plus rance, la plus moisie sévit donc au musée d'Aquitaine et
à la direction des affaires culturelles de la municipalité. Une nausée me prend. Quelle sera l'étape suivante ? Quand pratiquera-t-on l'aspergesme sur les photos de Delécluse avant que de les
brûler sur la place Gambetta renommée place Royale ? Jusqu'où ira le retour de la pudibonderie qui invoque dans cette affaire une collusion possible avec le jugement de Fourniret ? Beurk !
Rebeurk ! Je n'irai pas au vernissage. Je n'irai pas voir cette exposition et je présente mes excuses à Pierre Bidart dont je suis le préfacier. Et je laisse la parole à Jean Vautrin, pour qu'on
respire : " Nous savions que l'image jaunie du couple uni pour la vie peu à peu s'efface, laissant le champ libre à des versions moins compassées de la nouvelle vérité du bonheur. Si bien que les
preuves photographiques accumulées par Christian Delécluse dans son magnifique livre sur la paternité surgissent à point nommé- porteuses
de modernité sans afféterie, d'une fantastique hypothèse de tendresse et d'un constant défi aux tabous du conservatisme-pour apporter à ceux qui tentent encore la passionnante
traversée d'une existence en commun l'évidence d'une redistribution des responsabilités affectives."
Ennemis jurés de la censure, envoyez vos protestations au Musée d'Aquitaine, 20 cours Pasteur 33000 Bordeaux, ou téléphonez au 05 56 01 51 00, ou courrielez sur www.bordeaux.fr