Mercredi 9 avril 2008

Moi, cette histoire de flamme olympique, ou de torche comme d'aucuns disent, commence à me peler sérieusement le jonc. Le passage du lumignon à Paris, encadré par des hommes en bleu qui sont des policiers chinois spécialistes de la répression des émeutes, subjugue mon entendement. Les bonnes âmes du gouvernement, les éditorialistes appointés par la révérence n'ont pas de mots assez durs pour dénoncer la violence des manifestants qui défendent la cause des Tibétains tirés comme des lapins depuis cinquante ans. David Douillet, pourtant réticent à l'idée que les Jeux se déroulent à Pékin, fait chorus. Mais enfin ! Qui commet sans vergogne les exactions les plus sauvages ? Qui se sert des Jeux pour asseoir davantage son rayonnement économique et doper les investissements de capitaux étrangers ? Qui peut croire ne serait-ce qu'une nano-seconde que ces olympiades constituent une allégorie de la paix et que l'idée des Doits de l'homme fera ainsi son chemin ? Il faut arrêter l'hypocrisie. Je n'ai rien contre les athlètes. Stéphane Diaghana est un sportif de bon aloi. Et je comprends que des jeunes qui s'entraînent depuis quatre ans ne souhaitent pas renoncer à l'espoir de décrocher une médaille. N'empêche ! Ces Jeux olympiques, comme tous ceux qui les ont précédés, sont une machine de guerre. Guerre de l'argent mais pas seulement. La Chine, comme naguère l'ex URSS, veut démontrer une fois encore qu'elle est une puissance avec laquelle il faut compter sur tous les fronts. Le sport qui, ne déplaise, véhicule trop souvent une morale ambiguë, n'est ici qu'un prétexte à l'expansion, à l'hégémonisme des esprits  et des corps.                                                                                                                             

publié dans : Ici le monde
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