Jeudi 20 mars 2008

Une jeune institutrice, mère de famille, vient de mettre fin à ses jours dans une bourgade en Aquitaine. A l'origine, un conflit scolaire qui s'envenime. Des parents écrivent des lettres diffamatoires. Quelques élus locaux surenchérissent. La maîtresse est convoquée par son inspecteur en présence des édiles et les accusations pleuvent, assorties de menaces : sanction disciplinaire, mutation...

Dans l'incapacité de se défendre, cette jeune mère également enceinte de six mois fait une première tentative de suicide et tombe dans le coma. A peine revenue à la conscience, son deuxième essai ne rate pas.

Les autorités académiques ont reconnu que l'enseignante "n'avait rien à se reprocher professionnellement" mais ne désirent pas s'engager plus avant au prétexte que Madame X*** n'avait pas formulé une demande de protection. Le délégué du syndicat auquel appartenait la maîtresse a donc été éconduit. Un courrier devrait être adressé au ministre de l'éducation nationale.

A l'heure où une étude commandée par la MGEN montre que le stress augmente aussi chez les enseignants, leurs supérieurs hiérarchiques seraient bien avisés de traiter avec plus de doigté les conflits de la vie scolaire. Prendre le temps d'écouter avant d'instruire un dossier à charge, éviter que le sang coule, qu'une famille entière plonge dans le drame, est-ce déjà trop demander ?

 

PS : Je ne peux citer le nom de la victime et son lieu d'exercice. Un complément d'information est disponible sur snudifo.33@wanadoo.fr

Lire la page électronique de Force Ouvrière N°89 du 11 mars 2008

- Publié dans : Basculements
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