Jeudi 20 mars 2008 4 20 /03 /2008 17:27

Une jeune institutrice, mère de famille, vient de mettre fin à ses jours dans une bourgade en Aquitaine. A l'origine, un conflit scolaire qui s'envenime. Des parents écrivent des lettres diffamatoires. Quelques élus locaux surenchérissent. La maîtresse est convoquée par son inspecteur en présence des édiles et les accusations pleuvent, assorties de menaces : sanction disciplinaire, mutation...

Dans l'incapacité de se défendre, cette jeune mère également enceinte de six mois fait une première tentative de suicide et tombe dans le coma. A peine revenue à la conscience, son deuxième essai ne rate pas.

Les autorités académiques ont reconnu que l'enseignante "n'avait rien à se reprocher professionnellement" mais ne désirent pas s'engager plus avant au prétexte que Madame X*** n'avait pas formulé une demande de protection. Le délégué du syndicat auquel appartenait la maîtresse a donc été éconduit. Un courrier devrait être adressé au ministre de l'éducation nationale.

A l'heure où une étude commandée par la MGEN montre que le stress augmente aussi chez les enseignants, leurs supérieurs hiérarchiques seraient bien avisés de traiter avec plus de doigté les conflits de la vie scolaire. Prendre le temps d'écouter avant d'instruire un dossier à charge, éviter que le sang coule, qu'une famille entière plonge dans le drame, est-ce déjà trop demander ?

 

PS : Je ne peux citer le nom de la victime et son lieu d'exercice. Un complément d'information est disponible sur snudifo.33@wanadoo.fr

Lire la page électronique de Force Ouvrière N°89 du 11 mars 2008

- Publié dans : Basculements
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Commentaires

Tu as donné un lien vers une boîte e-mail c'est normal ?

Commentaire n°1 posté par Loïs de Murphy le 20/03/2008 à 18h18

ON A ENVIE DE HURLER ET DE FAIRE SILENCE TOUT A LA FOIS.  A SE DIRE QUE LA DETRESSE DE CETTE ENSEIGNANTE AURAIT PU ETRE EVITEE, QUE CE DRAME EST A... PLEURER...  PLEURER... 

... LE PIRE EST DE PENSER QUE CECI AURAIT PU SE PASSER TELLEMENT DIFFEREMMENT.  

Commentaire n°2 posté par brigitte giraud le 20/03/2008 à 18h41

Le lien indiqué sur le courrier de SNUDI FO 33 ne fonctionne pas. Peut-être qu'en tapant SNUDI FO 33 sur Google on obtient la pageelectronique89.

En tout cas, j'appelle toutes mes lectrices et tous mes lecteurs à réagir à ce drame qu'un minimum d'humanité aurait pu éviter. Il se trouve qu'à ma connaissance la presse n'a pas évoqué cette affaire. Le silence, c'est faire mourir l'institutrice une seconde fois.

 

 

Commentaire n°3 posté par Dominique Boudou le 20/03/2008 à 19h04

Quelle horeur... quelle terreur aussi jusque dans notre Education Nationale que l'on sait très organisée, bien syndicalisée, bien médiatisée aussi. Quelle est le nom de ce mal qui a réduit au silence les "collègues" instits ? Et le/la chef d'établissement ? Tu as raison, il faut refuser ce deuxième silence de mort...

Commentaire n°4 posté par alain laufenburger le 21/03/2008 à 06h17

C'est un drame ! je mesure toute cette souffrance et je crois, qu'en effet, il faut dénoncer ce qui vient de se passer, non seulement pour que sa mort ne reste pas vaine mais de plus, pour que cela ne puisse pas recommencer. Parfois, on se demande si on a affaire au genre humain : l'homme dénie ce qu'il a de meilleur en lui. C'est vraiment triste !

Commentaire n°5 posté par nebout le 21/03/2008 à 06h42
Bonsoir Monsieur,
Quelle extrême solitude a dû ressentir cette jeune femme pour en arriver là !
Enseigner est un métier à hauts risques - oui, au pluriel - dont une grande majorité de gens ne soupçonnent absolument pas la dangerosité pour les moins armés d'entre nous.
L'attitude de la hiérarchie dans le cas que vous nous exposez est hélas coutumière. Combien d'autres situations aussi critiques restent dans l'anonymat ? C'est absolument révoltant !
Commentaire n°6 posté par martin le 21/03/2008 à 19h11
L'Education Nationale bien organisée ??? Bien organisée pour faire taire la réalité qui hurle, pour l'enfouir dans des cercueils bien cloués d'hypocrisie, oui !
La hiérarchie (recteurs, principaux de collège et consorts) semble bien recrutée sur sa capacité à manier la langue de bois et à assourdir les conflits les plus douloureux, pour que surtout, rien ne filtre au dehors, pour que surtout, il n'y ait pas de vagues.
Encaissez, encaissez, il n'en restera jamais que de la poussière de craie, et qu'importent si l'on y aperçoit quelques ronds de larmes tombées !
S'il n'y a pas plus de suicides d'enseignants, c'est qu'ils ont une capacité de résistance impressionnnante, c'est qu'ils marchent, bons petits soldats dociles, jusqu'à craquer, jusqu'à crever.
Et ce ne sont pas les grèves, pathétiquement crispées sur des questions de moyens financiers (et qui en outre font faire des économies au ministère) qui vont faire comprendre à l'Opinion, cette girouette écervelée, ce qu'est devenue la réalité de ce métier piétiné.
La question n'est pas là, nom de Zeus, pas au niveau du porte-monnaie ! Elle est un peu plus haut, au niveau du cerveau. Encore faudrait-il se souvenir que c'est sur cette matière première-là que l'on travaille !
Impressions plus sombres encore ici :
http://l-oeil-du-vent.over-blog.com/article-17897200.html
(et voilà que je récidive, mea maxima culpa)
Commentaire n°7 posté par Clarinesse le 22/03/2008 à 17h23
Un douloureux sentiment de chasse aux sorcières...Quel gâchis. 
Commentaire n°8 posté par kloelle le 23/03/2008 à 15h27
terible histoire, mais qui n' a vraiment rien de surprenant.
Commentaire n°9 posté par Louise le 26/03/2008 à 09h13
Ce drame est à la une de Sud Ouest  ce matin. La famille a décidé de porter plainte. Merci Dominique d'avoir levé le voile sur ce drame.
Commentaire n°10 posté par alain laufenburger le 28/03/2008 à 14h07
quand des parents portent plainte parce que leur gosse a eu une mauvaise note et qu'ils gagnent le procès, on peut bien se demander où on va...
Commentaire n°11 posté par petite noire le 31/03/2008 à 22h04
Nous connaissions Valérie, mon fils Mehdy l’a eu à la maternelle, année 2001/2002, à Eysines, la forêt.ma fille zélia était chez les petits la dernière année de Valérie à la forêt, elle l'a cotoyée dans la cour et à la sortie de classe , et me demandé toujours d'aller faire le bisou à Valérie, zélia l'adorée, Valérie la complimentée toujours, l'ayant connue bébé, zélia étant très coquette, elle lui rendé cette gentillesse par des bisous, et "maman je veux aller voir Valérie"...Valérie aimait son travail, le contact avec les enfants et les parents. Valérie était une femme de cœur, toujours souriante de bonne humeur, une personne avec laquelle on pouvait dialoguer sans souci, une communication facile, elle s'imposée par sa personnalité, pleine de joie de vivre, si tendre et affectueuse avec nos enfants, que nous lui confiions avec plaisir, très accueillante, un bisou à chaque passage de l’enfant, pour « le bonjour, le « à tout à l’heure » et le « au revoir du soir ! » nous n’avons jamais eu aucun souci, nous avons beaucoup regrettée notre Valérie lors de son départ pour pauillac. Nous avions tenu à garder le contact. Elle prenait soin de venir aux nouvelles régulièrement, mon fils se faisait un plaisir de lui envoyer des sms pour lui faire un petit coucou. Nous ne pouvions pas nous dire, « bon elle est partie ! Souhaitons-lui une bonne continuation. Sans la revoir! Valérie était devenu une amie!, nul ne peu ressentir ce qu’elle a pu subir psychologiquement, ni la juger.ils l’ont mise à bout, poussée à cette fin tragique. Ce drame aurait pu être évité, si certaines personnes étaient un peu moins égoïste...ses bourreaux l’on faite sombrer, chavirer à jamais. La méchanceté gratuite de ces charognards à ôtée la vie à une personne formidable !!! Pourront-ils vivre sans culpabilité dans l'âme ????... Que justice soit rendue!!! Je soutiendrais sa famille si je le peu, comme je peu, je souhaite beaucoup de courage à ses proches dans cette triste et lourde épreuve PS.bisous et courage à Alexandra et Charlotte, qui sont venues nous trouver avec Valérie le jour d'halloween il y a 1 an, nous avons passé un très bon après midi, ou j'ai pu voir le cd des photos de mariage. Très belles! Valérie m'ayant apporté une boite de bonbons j'ai fait la gourmande!!! merci Valérie pour ce moment... Nous penserons toujours à toi quand nous sentirons le parfum d'une fleur.... *chrystelle trad et mehdy trad La.kahena
Commentaire n°12 posté par trad le 04/04/2008 à 20h46

Il semble que les infos relayées ne soient pas exhautives... Il manque là bien des éléments. Nous devrions davantage nous situer dans le domaine de la souffrance mentale!   Hélàs, aucune visite médicale pour les enseignantes. Seulement une en début de carrière, c'est bien trop peu!
Il me semblerait judicieux que les syndicats de l'EN défendent des causes utiles comme l'obligation de proposer des visites médicales annuelles aux enseignants ( Cf Code du travail) et évitent de se servir de la souffrance des personnes pour casser l'administration ou les parents!

Commentaire n°13 posté par xyz le 02/08/2009 à 14h02
J'aimerais pouvoir vous répondre, xyz, mais c'est qui, xyz ? Donnez votre nom comme je donne le mien et je dirai ce que je pense de cette funeste histoire.
Commentaire n°14 posté par dominique boudou le 02/08/2009 à 15h24

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