Dominique
BoudouUne jeune institutrice, mère de famille, vient de mettre fin à ses jours dans une bourgade en Aquitaine. A l'origine, un conflit scolaire qui s'envenime. Des parents écrivent des lettres diffamatoires. Quelques élus locaux surenchérissent. La maîtresse est convoquée par son inspecteur en présence des édiles et les accusations pleuvent, assorties de menaces : sanction disciplinaire, mutation...
Dans l'incapacité de se défendre, cette jeune mère également enceinte de six mois fait une première tentative de suicide et tombe dans le coma. A peine revenue à la conscience, son deuxième essai ne rate pas.
Les autorités académiques ont reconnu que l'enseignante "n'avait rien à se reprocher professionnellement" mais ne désirent pas s'engager plus avant au prétexte que Madame X*** n'avait pas formulé une demande de protection. Le délégué du syndicat auquel appartenait la maîtresse a donc été éconduit. Un courrier devrait être adressé au ministre de l'éducation nationale.
A l'heure où une étude commandée par la MGEN montre que le stress augmente aussi chez les enseignants, leurs supérieurs hiérarchiques seraient bien avisés de traiter avec plus de doigté les conflits de la vie scolaire. Prendre le temps d'écouter avant d'instruire un dossier à charge, éviter que le sang coule, qu'une famille entière plonge dans le drame, est-ce déjà trop demander ?
PS : Je ne peux citer le nom de la victime et son lieu d'exercice. Un complément d'information est disponible sur snudifo.33@wanadoo.fr
Lire la page électronique de Force Ouvrière N°89 du 11 mars 2008
Tu as donné un lien vers une boîte e-mail c'est normal ?
ON A ENVIE DE HURLER ET DE FAIRE SILENCE TOUT A LA FOIS. A SE DIRE QUE LA DETRESSE DE CETTE ENSEIGNANTE AURAIT PU ETRE EVITEE, QUE CE DRAME EST A... PLEURER... PLEURER...
... LE PIRE EST DE PENSER QUE CECI AURAIT PU SE PASSER TELLEMENT DIFFEREMMENT.
Le lien indiqué sur le courrier de SNUDI FO 33 ne fonctionne pas. Peut-être qu'en tapant SNUDI FO 33 sur Google on obtient la pageelectronique89.
En tout cas, j'appelle toutes mes lectrices et tous mes lecteurs à réagir à ce drame qu'un minimum d'humanité aurait pu éviter. Il se trouve qu'à ma connaissance la presse n'a pas évoqué cette affaire. Le silence, c'est faire mourir l'institutrice une seconde fois.
Quelle horeur... quelle terreur aussi jusque dans notre Education Nationale que l'on sait très organisée, bien syndicalisée, bien médiatisée aussi. Quelle est le nom de ce mal qui a réduit au silence les "collègues" instits ? Et le/la chef d'établissement ? Tu as raison, il faut refuser ce deuxième silence de mort...
C'est un drame ! je mesure toute cette souffrance et je crois, qu'en effet, il faut dénoncer ce qui vient de se passer, non seulement pour que sa mort ne reste pas vaine mais de plus, pour que cela ne puisse pas recommencer. Parfois, on se demande si on a affaire au genre humain : l'homme dénie ce qu'il a de meilleur en lui. C'est vraiment triste !
Quelle extrême solitude a dû ressentir cette jeune femme pour en arriver là !
Enseigner est un métier à hauts risques - oui, au pluriel - dont une grande majorité de gens ne soupçonnent absolument pas la dangerosité pour les moins armés d'entre nous.
L'attitude de la hiérarchie dans le cas que vous nous exposez est hélas coutumière. Combien d'autres situations aussi critiques restent dans l'anonymat ? C'est absolument révoltant !
La hiérarchie (recteurs, principaux de collège et consorts) semble bien recrutée sur sa capacité à manier la langue de bois et à assourdir les conflits les plus douloureux, pour que surtout, rien ne filtre au dehors, pour que surtout, il n'y ait pas de vagues.
Encaissez, encaissez, il n'en restera jamais que de la poussière de craie, et qu'importent si l'on y aperçoit quelques ronds de larmes tombées !
S'il n'y a pas plus de suicides d'enseignants, c'est qu'ils ont une capacité de résistance impressionnnante, c'est qu'ils marchent, bons petits soldats dociles, jusqu'à craquer, jusqu'à crever.
Et ce ne sont pas les grèves, pathétiquement crispées sur des questions de moyens financiers (et qui en outre font faire des économies au ministère) qui vont faire comprendre à l'Opinion, cette girouette écervelée, ce qu'est devenue la réalité de ce métier piétiné.
La question n'est pas là, nom de Zeus, pas au niveau du porte-monnaie ! Elle est un peu plus haut, au niveau du cerveau. Encore faudrait-il se souvenir que c'est sur cette matière première-là que l'on travaille !
Impressions plus sombres encore ici :
http://l-oeil-du-vent.over-blog.com/article-17897200.html
(et voilà que je récidive, mea maxima culpa)
Il semble que les infos relayées ne soient pas exhautives... Il manque là bien des éléments. Nous devrions davantage nous situer dans le domaine de la souffrance mentale! Hélàs, aucune visite médicale pour les enseignantes. Seulement une en début de carrière, c'est bien trop peu!
Il me semblerait judicieux que les syndicats de l'EN défendent des causes utiles comme l'obligation de proposer des visites médicales annuelles aux enseignants ( Cf Code du travail) et évitent de se servir de la souffrance des personnes pour casser l'administration ou les parents!