Dimanche 13 janvier 2008

Jean-Pierre Darroussin, acteur merveilleux dans Dialogue avec mon jardinier, est aussi un réalisateur de premier plan. Le Pressentiment, d'après le roman d'Emmanuel Bove, (auteur célèbre dans les années 20-30 et ressuscité naguère par les éditions du Castor Astral), est un film sans une image ni un mot de trop, où transparaît l'amour de l'humain même dans ses bassesses.
Charles Benesteau, 47 ans et avocat, quitte son milieu grand bourgeois pour s'installer dans un quartier populaire. Il se promène à vélo, lit des romans, écrit son journal. Un voisin vient lui demander un conseil juridique et c'est le début d'une histoire d'amitié avec une adolescente délaissée. Les locataires de l'immeuble, hélas, se mettent à imaginer des choses sales alors que tout est beauté et tendresse dans ce lien...
Le détachement de Charles Benesteau, joué par Jean-Pierre Darroussin lui-même, est superbement montré. L'avocat poète survole le monde comme un contemplatif, sans jamais brusquer ni les gestes ni les mots, et son action en faveur de la jeune Sabrina s'en trouve renforcée. Comme si un pressentiment, de plus en plus tenace, commençait à rôder...

Dans les carnets de l'avocat, cette phrase, évidente : " Rien n'est plus trompeur que la bonne intention car elle peut donner l'impression d'être le bien lui-même".
Par extension de sens, nous pouvons ainsi comparer le "bon droit" et le "droit", les "bonnes raisons" et la "raison".
Toute une réflexion philosophique à conduire grâce à ce premier film qui a obtenu le prix Louis-Delluc en 2006.

publié dans : Baz'arts
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Commentaires

J'adore Darroussin, merci de parler de lui.
Commentaire n° 1 posté par Loïs de Murphy le 13/01/2008 à 16h02
... une excellente occasion de Darrousin que j'adore ...
Commentaire n° 2 posté par sylvie lauzel le 14/01/2008 à 09h33
Il parait que l'enfer est pavé de bonnes intentions ...
Bonne raison n'est pas toujours raison ...
pas vu le film, mais à te lire, cela me fait envie  .
Commentaire n° 3 posté par Leloire Marie-Claude le 14/01/2008 à 11h08
Excellent film, excellent Darroussin comme à peu près toujours.
Commentaire n° 4 posté par brigitte giraud le 15/01/2008 à 10h40
jean pierre darroussin est souvent très juste quel que soit le role qu'il incarne.
Commentaire n° 5 posté par louise le 15/01/2008 à 10h46
Bonjour Dominique!
Cela fait bien longtemps que je ne suis pas passé te voir. Alors, me voilà.
A bientôt.
Commentaire n° 6 posté par sébastien le 15/01/2008 à 15h55

Ce film me semble basé sur "Autrui" : Darroussin y explore l'incompréhension mécontente de ses riches proches, remplis de certitudes et de mépris, et celle, surprise et malsaine, de ses pauvres voisins, bourrés en qu'en-dira-t-on de concierges et en suppositions oiseuses... 

Hégélien en ce sens-là, et presque nabokovien, avec le personnage nymphique de Sabrina...

Commentaire n° 7 posté par Jovialovitch le 15/01/2008 à 18h42
Merci pour la qualité de votre comentaire et d'accord avec ce "presque" nabokovien.
On ne dira jamais asez ce qui est à creuser dans le presque.
Commentaire n° 8 posté par dominique boudou le 15/01/2008 à 21h19
... "Bonjour Dujardin ! " .... " Bonjour Dupinceau! " ...  "... dis-moi que tu peindras tout ce que j'aime, même si c'est imprécis et tu feras aussi le portrait de la femme ! ..." ... " oui ! et tu m'aideras pour les yeux ! " ... 

... un régal ces deux amis
Commentaire n° 9 posté par sylvie lauzel le 17/01/2008 à 10h50

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