Elisabeth Schwarzkopf me fait pleurer. Marguerite Duras me fait pleurer. Tu me fais pleurer. Nous sommes là
encore, ensemble, sur les murs de cette exposition d'Isabelle Kraiser et Marc
Pichelin. "D'habitude". Trente ans que nous sommes là. Je n'ai jamais su te dire "je t'aime". Je n'ai jamais pu. Et si ce n'était pas vrai ? Et si je mentais ? Comment vivre avec cette
faute ? Et puis, sait-on jamais que l'on aime ? L'amour
comme l'art,
duel perdu. Mais nous sommes là, encore. Dans ce qui nous terrasse comme dans ce qui nous élève, debout contre l'absurde, debout contre les bassesses, debout pour aller encore sur notre chemin,
et encore, et encore.
Ton souffle de vie tremblant porte mon
souffle de vie tremblant. Je ne veux pas de la mort lente qui a pris déjà tes muscles et tes os. Je veux tes mots fiévreux, tes couleurs jetées comme un ressac sur la toile, tes bois polis par le
vol de l'oiseau rouge, et ce rire qui nous prend parfois au creux même de la fatigue.
Lectrices et lecteurs de Bordeaux, allez voir et écouter l'exposition d'Isabelle Kraiser et Marc Pichelin à la bibliothèque des Aubiers, à la bibliothèque de
Bacalan, au restaurant Le Kebab, au restaurant Le Blanqui. En mai, l'expo sera invitée par le salon d'architecture Agora. J'en reparlerai.
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justement :
La voix ferme
coupe. La voix tremblante expire. Le directeur de l'Ecole des Beaux-Arts convoque ses services techniques. Il n'y a pas une minute à perdre. Vite. Déblayez-moi tout ça...
cette voix murmure encore dans ta mémoire.
faudrait inonder les Inspections Académiques. Vive la résistance à
l'oppression du monde de l'enfance transformée en variable d'ajustement économique. Vive la poésie qui échappe à l'encodage de la mort. Vive la vie redevenue libre quand les crevures des
pourcentages auront été balayées par l'irrépressible souffle de l'espoir dont on sait avec Verlaine qu'il luit comme un brin de paille.