Jeudi 29 juin 2006

Dans la presse, l'été rime avec plage et jeux. Alors voici le mien, sur la langue française. Je ne vais pas puiser dans les dicos ou les jeux du même nom de l'excellent Jacques Drillon. Je fais avec ce que j'ai.

Première question :

Quelle différence y a-t-il entre ?

- Des chemises rouge et bleu

- Des chemises rouges et bleues

par Dominique Boudou
ajouter un commentaire commentaires (8)    créer un trackback recommander
Mercredi 28 juin 2006

Chirac est content. Villepin est content. Sarkozy est content. Borloo est content.

Dans l'autre camp aussi ils sont contents. Ségolène est très contente. Hollande est un peu moins content mais Fabius a toujours été content. Lang ? Archi super content. Strauss-Cane ? Se dit qu'il pourrait être content si on le paie comptant.

Le Pen, avec la perche qu'on tend au FN, s'apprête à faire péter l'audimat des contents.

Même Arlette, (Ohara, pas it be), sera la dernière qu'on tente.

Donc tout va bien. Sauf !

Un SDF sur le trottoir. Pas un homme. Un sigle. Même pas acronyme l'anonyme ! Et ben, il est pas content. De quel droit ? Je lui demande. Qu'est-ce qui vous tente ? Vous seriez pas un peu con ? Il me répond qu'il a perdu sa tante et qu'elle était pas con. Je le contemple. Il a les pieds en compote. Mais c'est pas mon pote puisqu'il n'est pas content. Et tout à con, euh ! tout à coup, je con prends. Le SDF est pas content parce qu'il sait pas qu'il est content. J'ai pitié. Je veux l'aider à être content. Les autres sont contents et pas lui. C'est pas juste. Je l'attrape par le con, euh non, le cou, et je le traîne devant la télé en lui racontant que tout le monde il est content. Les Togolais sont contents, ils ont eu des ballons à prix coûtant, Pujadas est rudement content, surtout depuis qu'il conte fleurette au con de Mââme Schonverge, et le sdf en minuscules testicules, il est pas content.

Y'en a quand même qui exagèrent ! Des cons qui sont pas de leur temps ! Qu'on les pende ! Euh ! Non ! Qu'on les pende !

Et je serai conpent ! Euh ! Non ! Enfin, je veux dire, bref, vous voyez, hein !

A demain, ce sera un autre tant !

par Dominique Boudou publié dans : La vie de Klamm
ajouter un commentaire commentaires (6)    créer un trackback recommander
Mercredi 28 juin 2006

Le téléphone sonne. Ma compagne décroche :

-Ici les magasins Duchmol. Vous vivez en couple ?

-Oui.

-Nous sommes heureux de vous annoncer que vous avez gagné un auto-cuiseur par tirage au sort de votre numéro attribué par ordinateur. Viendrez-vous le chercher avec votre mari samedi prochain ?

-Peut-être, oui.

-Sûr ?

-Oui oui, on viendra.

Une semaine plus tard. Le téléphone sonne. Je décroche:

-Ici les magasins Duchmol. Vous savez qu'un auto-cuiseur ultra-moderne vous attend demain lors de notre grande journée portes ouvertes. Vous viendrez avec votre épouse bien sûr.

-Euh !!!

-Et puis, Monsieur Boudou, autre bonne nouvelle, votre numéro participe au tirage pour gagner une voiture. C'est extraordinaire, non ?

Il est neuf heures du matin. Je suis mal réveillé. Je reste néanmoins courtois :

-Nous ne viendrons pas, Madame, excusez-nous !

-Comment ? Gagner une voiture ne vous intéresse pas, Monsieur Boudou ?

-Non.

-Mais ?

-Je suis désolé pour vous Madame. Je sais bien que vous faites ce qu'on vous dit de faire. Et la concurrence est dure avec la mondialisation. Mais je n'aime pas ces cadeaux publicitaires fabriqués par des enfants en Chine ou ailleurs.

La dame s'énerve :

-Nous demandons aux clients de venir en couple pour favoriser le bouche-à-oreille. Notre magasin dépense beaucoup d'argent pour ces cadeaux. C'est beaucoup de travail.

Je reste calme, courtois. Je réponds à la dame que je ne doute pas que ce soit beaucoup de travail. Mais j'essaie d'expliquer le caractère abusif de ces coups de pub par téléphone. Elle me traite de con.

Je narre ces péripéties à ma compagne. Elle me dit que sa mère, qui est veuve, reçoit souvent ce genre d'appel. Dès qu'elle répond qu'elle vit seule, la personne au bout du fil lui raccroche au nez. Vive le marketing !

par Dominique Boudou
ajouter un commentaire commentaires (5)    créer un trackback recommander
Mardi 27 juin 2006

Je n'écris plus qu'ici. Qu'est-ce à dire ? Is it a new addiction because of psychiatric desease ? May be ! Ecrirai-je de nouveau ailleurs ? A part quelques travaux de commande que je dois honorer, cela en vaut-il la peine ? Ce n'est pas sûr ! J'ai du talent mais n'aurai jamais de génie. Et la voix des littératures se perd dans le magma des parutions. Tous ces livres ! J'ai déjà dit ici que parfois j'ai envie de brûler ma bibliothèque. Et pourtant, je ne m'imagine pas arrêtant d'écrire. Parce que je ne sais rien faire d'autre correctement. Oh ! j'entends les lecteurs récalcitrants ! Quand est-ce qu'il accouche le blogueur aux états d'âme contrariés ? Nous lâchera-t-il enfin avec ses atermoiements ?

Et pourtant, je n'écris plus. Mon essai est en rade. Je n'ai pas en ce moment la force physique de m'y remettre car je passe des jours à dormir. Where is my mind ? Is it worth to remember any thing else ? No answer ! Alors c'est vrai qu'ici je suis lu. Sinon je ne suis pas lu. Et quand je suis lu on ne comprend pas toujours ce que j'ai écrit. Moi non plus d'ailleurs. Si je comprenais toujours ce que j'écris, il n'y aurait pas une once de littérature dans mes phrases.

Et puis, que voulez-vous ! Je me divertis. C'est-à-dire que je m'enlève de moi-même et de ce qui m'environne. La plaine est morne. Les soldats d'Eylau, des Dardanelles, de Dien Bien Phu hurlent au passage de mon cheval exsangue. Je m'appelle Zangra et je suis lieutenant au fort de Belonzio... Je ne parle pas d'amour, seulement de mon cheval.

Alors voilà, si j'écris un nouveau livre, je ferai monologuer mon cheval. Il a beaucoup souffert vous savez ! Revenu d'un pays de basses brumes, il a dû s'aliter pendant deux mois. J'ai découvert la marche. Et aujourd'hui, en ce moment même, je marche sur les touches de mon ordinateur. J'écris. Je bois. Je fume. Je ne pense pas. Il ne faut pas trop penser pour écrire. Lorca ne pensait pas. Rimbaud non plus d'ailleurs. Et tant d'autres avec eux. Un jour, je vous parlerai de Fernando Pessoa. De ses identités multiples. De cette malle retrouvée après sa mort et des rats dévoraient son écriture.

Mais dites-moi ! En supposant que je ne m'arrête pas de toute la nuit, ne serais-je pas dans le train d'un nouveau livre ? Drogué à l'encre qui m'ancre nulle part ? Hum ! Bon ! J'ai compris. Vous dormez aussi. Vous ne voulez pas vous réveiller ? Vous avez raison. C'est un divertissement comme un autre.

par Dominique Boudou publié dans : La vie de Klamm
ajouter un commentaire commentaires (10)    créer un trackback recommander
Mardi 27 juin 2006

Parfois, tu me surprends. Tu veux t'enfoncer davantage dans la ville. Tu aimes, dis-tu, les vieilles rues pavées qui sont comme des boyaux. A cause de la peur. Et tu mettras combien de cauchemars à la dénouer ? Quelqu'un passe devant la voiture à un feu rouge. Tu reconnais la personne qui a perdu son chapeau cet après-midi. Je te dis que non. Ce n'est pas possible. A l'heure qu'il est. Mais justement. Tu insistes. L'heure n'existe pas quand tu convoques le réel. Nous pourrions nous déchirer, là, pour une ombre de passage. Mais notre fatigue nous sauve. Des mouches aux ailes dorées glissent sur le pare-brise. Le ciel au-delà du fleuve ne tient pas debout. Le ballon qui représente le globe terrestre a disparu. Nous rentrons. Nous sommes dans la menace du mauvais silence. Je te le dis. Notre mauvais silence. Tu souris. tu touches ma main. Combien avons-nous inventé d'expressions comme "mauvais silence" ? Nous nous étonnons qu'elles durent encore, après tout ce que nous avons vécu. Tu crois qu'elles prennent dans la nuit un sens plus fort et la voiture est soudain indestructible puisque rien ne peut nous atteindre. Nous nous retrouvons presque sans conscience dans le jardin zébré d'hirondelles. Nous écoutons la plainte de l'herbe, le sommeil des rosiers. Tu comptes les étoiles et je les nommes. Et celle-là ? Et celle-là ? Combien tu en connais ? Dix mille. Tu soupires d'aise. Tu me demandes si je connais autant de noms d'oiseaux et de fleurs. Tu n'attends pas la réponse. Tu aimes quand mes mensonges embrassent l'universel.

(Le chapeau et le ballon-globe pourront surprendre. C'est qu'il en est question dans des textes avant et que là, je pioche au hasard. Quand ta mère te tue fera peut-être l'objet d'une publication mais il y a beaucoup à reprendre, ravauder, gommer surtout. Il faudrait que je m'y mette, à ce texte déjà vieux, trois ans.)

par Dominique Boudou
ajouter un commentaire commentaires (4)    créer un trackback recommander
Mardi 27 juin 2006

L'un des tout premiers milliardaires américains, Warren Buffet, (prononcez bioufète), vient d'offrir 30 milliards de dollars à des oeuvres humanitaires. Il suit ainsi les traces de Bill Gates. Deux hommes partis de rien et qui se souviennent des inégalités sur notre planète. En présumant que des intermédiaires douteux se mettent dans le buffet, (prononcez bufé), les deux tiers du pactole, ce sont tout de même dix milliards pour les plus démunis des hommes.

Le même Warren Buffet s'était ému en 2004 de ne pas payer assez d'impôts, ainsi qu'une soixantaine de ses confrères, et dénonçait l'ivresse ultra-libérale du sieur W.

Allez ! Messieurs les milliardaires de tous les pays, donnez-vous la main, faites une ronde autour du monde et suivez l'exemple de Warren and Bill.

Thank you Warren ! Thank you Bill !

par Dominique Boudou
ajouter un commentaire commentaires (4)    créer un trackback recommander
Lundi 26 juin 2006

Fin juin 1985, mon ami Jacques Boiffard se faisait sauter la cervelle. Il peignait, écrivait, adorait Flaubert, me battait régulièrement aux échecs même sans voir l'échiquier. C'était un esprit libre, caustique, rieur, généreux. Un papillon comme on n'en fait plus. Un jour, je m'en souviens, il me montra une lettre qu'il venait de recevoir. Elle était signée William Shakespeare et de Stratford-on-Avon bien sûr. Une des spécialités de Jacques : écrire à des morts célèbres et miser sur l'humour d'un facteur, d'un quidam goguenard. Je ne mets pas sa photo car il m'aurait opposé un NON catégorique. En revanche, je vous joint une oeuvre de son grand-oncle qui signa le manifeste du surréalisme : Jacques-André Boiffard. Cette image, (image ?), s'appelle The big toe, visible sur www.jahsonic.com

par Dominique Boudou publié dans : La vie de Klamm
ajouter un commentaire commentaires (4)    créer un trackback recommander
Lundi 26 juin 2006

Voilà ! C'est fait ! Le sidérurgiste ARCELOR épouse le sidérurgiste MITTAL. Le nouveau groupe pèsera 60 milliards de chiffre d'affaires. Sans compter les autres avoirs.

La famille Mittal détiendra à elle seule 43% des actions de ce conglomérat conquérant. Une misère ! A peine de quoi se payer le bol de riz quotidien ! Parce que, voyez-vous, Monsieur et Madame Mittal, revigorés par quelques pilules de DHEA, (Démultiplication Haute des Etats Amoureux), s'amusent toujours à la bête-à-deux-dos. Je viens de recevoir un faire-part pour la naissance de leur soixante-septième enfant. L'illustre famille compte 329 petits-enfants et 45 arrière-petits enfants. Sachant que Monsieur a 6 frères et soeurs et que Madame en a 9, si vous divisez les 60 milliards par le total des membres de la famille, les pécules de chacun sont riquiquis.

Alors, nous pouvons leur proposer une solution bien commode et qui a fait ses preuves :

1- Amputer d'un tiers le salaire des ouvriers

2- Diminuer de 50% le nombre des salariés

3- Embaucher des enfants

Comment ? Vous me dites qu'ils l'ont déjà fait ? Décidément, je suis toujours en retard sur l'actualité moi ! Je vais m'amputer des deux jambes !

par Dominique Boudou
ajouter un commentaire commentaires (6)    créer un trackback recommander
Dimanche 25 juin 2006

L'un de nos lecteurs suggère d'analyser la relation que chacun de nous entretient avec l'argent. Les historiens, les linguistes, les sémiologues, les anthropologues et même les théologiens s'intéressent depuis toujours à cette question. Mais il faut la réinterroger sans cesse, ne serait-ce qu'au regard des nouvelles technologies. Alors, en ce dimanche paisible, avec vos mots de tous les jours ou costumés, avec vos perceptions ordinaires, vos intuitions, vos réflexions, ayez l'amabilité de répondre à cette apostrophe : VOTRE RAPPORT A L'ARGENT, C'EST QUOI ?

par Dominique Boudou
ajouter un commentaire commentaires (9)    créer un trackback recommander
Dimanche 25 juin 2006

Léon Sévy, qui n'est pas chien, ni rat d'ailleurs, vous offre quelques traits d'un animal que l'on dit parfois tellement humain.

par Dominique Boudou
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander

Recherche

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus