Vendredi 6 août 2010 5 06 /08 /2010 09:11

Je voulais vous parler de la tyrannie de ma bibliothèque et voilà qu'un sondage épouvantable de l'IFOP me fait changer de sujet.

- 80 % des Français sont pour le retrait de la nationalité française aux délinquants récidivistes dont 62 % des sympathisants de la gauche.

- 55 % des Français sont pour la condamnation à deux ans de prison des parents dont les enfants délinquent et redélinquent.

- 79 % des Français sont pour le démantèlement des camps de Roms dont 60 % des sympathisants de la gauche.

- 67 % des Français sont pour l'installation de 60 000 caméras de surveillance d'ici à 2012.

Autre sujet : Le blog gicerilla.hautetfort.com lance un appel pour sauver l'Iranienne Sakineh Mohammadi Ashtiani condamnée à être pendue pour adultère. Elle a déjà reçu 99 coups de fouet pour ce "crime".

Je vois, hélas, un lien trop évident entre le sondage de l'IFOP et la condamnation barbare de l'Iranienne. Prenons les 80 % des Français qui sont pour la déchéance de la nationalité. Imaginons que la situation se tende à l'extrême dans les communautés de citoyens issus de l'immigration et posons-leur la question qui suit, à laquelle ils pourront répondre sous pli cacheté pour préserver leur anonymat : 

ETES-VOUS POUR LA TORTURE ET LA PEINE DE MORT POUR PUNIR LES CRIMES LES PLUS GRAVES ?

Combien de Français répondraient oui, et, parmi eux, combien d'électeurs de gauche ?

Vous voulez mon sentiment ? Ces Français-là me font honte et me dégoûtent. Abjects, ils seraient les premiers à basculer dans la barbarie...

PS : Allez sur le blog gicerilla.hautetfort.com et lisez son appel. Merci.

Par Dominique Boudou - Publié dans : Roquettes
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Dimanche 1 août 2010 7 01 /08 /2010 11:24

Le gouvernement va proposer dès septembre un nouveau projet de loi pour lutter contre l'insécurité. Les parents dont les enfants délinquants auront récidivé risqueront deux ans de prison et trente mille euros d'amende. Ce dispositif s'ajoute à l'arsenal déjà prévu : peines plancher et déchéance de la nationalité française, suppression des allocs et j'en passe.

Tout ça pour faire oublier l'affaire Veurte mais ça marche pas. Voilà qu'on apprend que le dircab du ministre a épousé une fille Arnault et qu'il a beaucoup oeuvré pour les jeux d'argent sur internet. Un gâteau colossal que le père Arnault a été l'un des premiers à lorgner. Nul doute que le gendre et son daron auront bossé dur. Conflit d'intérêt ou communauté d'intérêts ? Hum ! Je voudrais pas passer pour un populiste. C'est vrai quoi, y'en a marre de taper sur les riches. Vont finir par se tirer tous et on s'ra bien dans la merde.

Mais à propos de populisme, si on réfléchit un brin, y'en aurait pas une surdose dans le projet sécurité du gouvernement ? Z'ont qu'à rétablir la peine de mort et les exécutions publiques. Filmées par TF1 bien sûr. Au fait, y'aurait pas des Bouygues dans les allées des ministères, hein ? 

Alors voilà ! nous, les gens du bas de la botte, c'est sûr qu'on est un peu cons. On lit la princesse de Trucmuche mais on n'a pas de rollex. N'empêche, la question qui nous effraie, on la pose passe qu'on n'a jamais vu ça : Mais jusqu'où iront-ils ?

Par Dominique Boudou - Publié dans : Basculements
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Vendredi 30 juillet 2010 5 30 /07 /2010 12:22

Bon, la chasse à courre est désormais interdite en Angleterre. C'est barbare, dit-on. Maintenant, ce sont les députés catalans qui interdisent la corrida. C'est barbare, disent-ils. Vous avez là des tas de gens vertueux qui pleurent parce qu'on tue des bébêtes mais les mêmes, en position de pouvoir, n'hésitent pas à exploiter l'humain pour faire des sous. Bref ! Hypocrisie et duplicité n'ont pas fini de sévir.

Alors, moi, je propose qu'on prohibe itou la pétanque. Imaginez le poids d'une boule pointée sur le sable chaud des vacances. Toutes ces bestioles écrasées sans vergogne cependant que le pastague coule à flots. Pauvres vers de terre et autres lombrics, malheureux insectes égarés dans la silice, qui entendra jamais vos hallalis ? C'est que la diversité de la biosphère en prend un sacré coup derrière les oreilles avec ce génocide animalier. N'importe quel écolo ramassé sur le trottoir par Dufflo vous le beuglera. Et d'ailleurs, pour en revenir à la corrida, on pourrait aussi supprimer Lorca et Hemingway des bibliothèques, ces apologistes éhontés de l'extase à cinq heures de l'après-midi, quand le soleil sort ses poignards.

Vous voulez mon sentiment ? Eh bien, je pense que tous ces empêcheurs sont des cons, des foutus cons, des terroristes dont la cible prochaine est nous-mêmes, avec nos désirs troubles tellement incorrects.

Par Dominique Boudou - Publié dans : Roquettes - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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Samedi 24 juillet 2010 6 24 /07 /2010 22:44

 
La tentation des combles
par Dominique Boudou

Par Dominique Boudou
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Mardi 20 juillet 2010 2 20 /07 /2010 12:40

" Je dormais là, à côté du commis. Je reconnais la table où on mangeait la soupe. Dans le jardin, je retrouve le figuier qu'on a dû tailler. Et puis la fosse à purin derrière la grange. Je suis tombé dedans le premier soir. J'avais sept ans."

Mon frère Jean-Michel, Claude à l'époque , ( ?), parcourt sa terre d'enfance. Il était comme moi de l'Assistance, placé en Charente à Pillac chez des laboureurs, lui au sud du département et moi au nord. Il regarde les champs vallonnés où papillonnent les tournesols. Il écoute les frémissements des maïs. Une buse traverse le ciel. Des souvenirs passent. Les vaches qu'il fallait garder. Le vélo poussif dans la côte pour aller à l'école. 

Je l'accompagne sur le chemin de sa mémoire dont je partage des morceaux de paysage, des odeurs de fruits mûrs sous le soleil, des conversations de l'eau avec le vent. Notre grande soeur Chantal est là aussi. Elle allait en vacances à La Ferrière, y retrouvait Claude et les travaux des champs. Pas question de ne rien faire chez des paysans à cette époque. Pas de télé. Pas de console vidéo. Pas de livres non plus. Le croûton dans la soupe du soir se mesurait à la sueur dépensée.

Le couple qui gardait mon frère est mort depuis lurette. Mais le fils Robert est toujours là avec ses mots de rocaille et son joli lever de coude pour entamer le vin et la Suze. Soixante-dix-huit ans de summer40910-2labeur avec Janine. Quatre-vingts hectares à labourer, semer, récolter, vendre. Toute une vie de glèbe reprise aujourd'hui par le fils Pascal. Les tracteurs ont pris du poids. Les remorques ont délaissé le bois bleu charron. Les bottes de paille sont désormais des rouleaux qu'une machine mord entre ses dents. Mais il y a dans ce hameau de La Ferrière à Pillac un parfum d'éternité. L'éternité des gestes simples penchés sur la terre. L'éternité des paraboles de pluie ou de chaleur qui égrènent le temps.

Et si c'était cette éternité-là que mon frère est venu chercher, au-delà des souvenirs partagés ? Une éternité dont le costume trop vaste condamne au silence, au recueillement ?

Je ne lui ai pas posé la question. Dans notre pays, comme disait René Char, on ne questionne pas un homme ému.

Image d'une maison à Pillac en Charente

Par Dominique Boudou - Publié dans : Ici le monde - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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Vendredi 9 juillet 2010 5 09 /07 /2010 22:18

Même le silence est suffocant de chaleur. L'ombre du chat s'en va toute seule sur le carrelage. J'écris ce rien qui ne prétend à rien. Ni plein ni vide. Mais je dois déposer des mots en moi pour vous les donner. C'est tout. Souleymane Diamanka dit qu'il est les mots. Que nous sommes tous les mots. Je vous parlerai bientôt de lui, de cette rencontre que nous avons eue. Le chat, ce jour-là, allait bien avec son ombre. Et le silence résonnait de poésie. Bientôt, un nouvel album de Souleymane. Je vous dirai. Ce ne sera pas rien.

Par Dominique Boudou - Publié dans : Ici le monde
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Samedi 3 juillet 2010 6 03 /07 /2010 13:29

Sur Hublots de Philippe Annocque, un texte de Colette soumis aux candidats du brevet. Des mioches insupportables empêchent leur mère de lire sur la plage. Question : " Pensez-vous que cette mère soit civilisée ? " Un candidat répond : " Non, parce qu'au lieu de sortir un ordi ou un iphone elle sort un livre."

Pardonnons la confusion entre civilisation et modernité. De toute façon, des tas de gens qui ne lisent pas sont quand même civilisés. Evitent de roter à table, disent bonjour au monsieur ou à la dame.

100_1786.jpgLire, et puis écrire, pour moi, j'ignore de quoi ça relève. Je n'aime pas lire. Je n'aime pas écrire. Nulle passion là-dedans. Mais une nécessité, pas un besoin, une nécessité. Je viens de passer trois semaines sans lire un livre, because fatigue, et j'étais presque inquiet. Après j'ai retrouvé mon Simenon. La maison des sept jeunes filles. Faubourg. Toujours ce style qui me fascine. Et puis j'ai un Mingarelli, L'année du soulèvement. Et puis des parents m'ont offert une introduction à Sénèque par Paul Veyne, du Dominique Sampiero, un essai sur les haïkus, et Capitale de la douleur, et Les petits poèmes en prose. Il y a longtemps que je ne les ai pas relus.

Quant à l'écriture, je dois faire un grand chambardement dans un roman pour le représenter là où il a été bien accueilli mais pas assez.

Tout ça en buvant les bouteilles de vin que des parents ont souhaité m'offrir.

Tenez ! Boire du vin et lire, c'est la même chose. 

Bonnes vacances à vous, mes lectrices et mes lecteurs. 

Par Dominique Boudou - Publié dans : Ici le monde - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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Mercredi 30 juin 2010 3 30 /06 /2010 14:25

" Comment ressusciter l'espérance ? Au coeur de la désespérance même. Quand un système est incapable de traiter ses problèmes vitaux, il se désintègre ou se métamorphose. L'espérance est dans la convergence de ces courants qui parfois s'ignorent, tels le commerce équitable, l'économie solidaire, la réforme de vie. De partout, les solidarités s'éveillent. Des associations se créent pour sauver une rivière, repeupler un village, réinventer localement la politique. Sous les structures sclérosées, il y a dans notre pays un formidable vouloir-vivre."

 

" La notion de "développement", même sous sa forme adoucie et vaselinée de "durable" contient encore ce noyau aveugle techno-économique, pour qui tout progrès humain découle des croissances matérielles. Il importe de refonder cette notion de développement, dont l'application partout dans le monde détruit les solidarités traditionnelles, fait déferler la corruption et l'égocentrisme. Il faut que la notion de développement se métamorphose en celle d'épanouissement."

in Edgar Morin Le philosophe indiscipliné, hors-série Le Monde

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Dimanche 27 juin 2010 7 27 /06 /2010 11:51

 

 

Brigitte Giraud me file le train au tram et la ritournelle de MovieJazzProject apprête sa voix sur les rails. Comment me libérer de ce sortilège où mon visage feuillette la vitre floue du voyage entre Bacalan et la librairie Mollat ? 

De belles images, une belle musique, je choisis de rester prisonnier.

 

Par Dominique Boudou - Publié dans : Livraisons - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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Jeudi 24 juin 2010 4 24 /06 /2010 12:57

La revue de poésie N4728 dirigée en terre angevine par Paul Badin nous livre son dix-huitième numéro. Depuis 2001, de nombreux poètes y ont déposé leurs mots : Valérie Rouzeau, Jean-Claude Pirotte, Antoine Emaz, James Sacré... Une publication exigeante donc, accompagnée de notes de lecture et d'entretiens, (Florence Trocmé dans ce numéro), mais qui sait ouvrir sa porte aux auteurs peu connus. Comme Gaëlle Josse dont voici quelques vers :

les yeux fermés Ipod

aux doigts

mais quelles musiques écoutent donc

les gens ?

c'est secret comme

une prière

les voix qui nous consolent

et

nous

nus à l'os

*

face à face avec l'écran

miroir

yeux brûlés

une tasse vide un reste de tartine

& les mots dans leur lent sédiment

la voix se pose mais

il est tard

on verra

demain/enregistrer les modifications ?

 

N4728, Revue de poésie, n4728@orange.fr

Par Dominique Boudou - Publié dans : Livraisons - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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